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Fumigation d'une serre de roses, Equateur
Épisode 4 :

Bread and roses : les roses mondialisées

58 min
À retrouver dans l'émission

Plaisir parfumé et plaisir des yeux, la rose n’a pas échappé à l’exploitation de sa beauté. A partir du XIXème siècle, la passion pour la fleur s’est rapidement transformée en une passion marchande. Les roses fleurissent aussi sous la logique du profit et de la mondialisation.

Fumigation d'une serre de roses, Equateur
Fumigation d'une serre de roses, Equateur Crédits : Jean-Baptiste Veyrieras - Radio France

Une série documentaire de Jean Baptiste Veyrieras et Mariannick Bellot, réalisée par Anne Perez

Plaisir parfumé et plaisir des yeux, la rose n’a pas échappé à l’exploitation de sa beauté. Objet de poésie devenu objet de profit, la passion pour la fleur s’est rapidement transformée à partir du XIXème siècle en une passion marchande, assujettissant ses symboles vertueux (amour, beauté, idéal…) à la logique du profit et son cortège d’exploitations. Derrière les petits bouquets à dix euros en vente dans les supermarchés pour la Fête des Mères ou la Saint Valentin, de nombreux intérêts privés contrôlent une filière savamment orchestrée et globalisée.Pourtant, il existe d’autres manières de faire, et certains acteurs économiques ont déjà mis en place un commerce responsable et éthique. Ethiflora, par exemple, est le premier importateur français qui, grâce à un label de commerce équitable, s’assure des bonnes conditions pour les travailleuses des roses en Equateur.

Le Kenya et l'Ethiopie produisent à peu près 50 % des roses consommées en Europe.

Au pied du mont Kenya, les roses représentent 2000 ha de superficie, 60 000 employés et ça rapporte 400 millions de dollars à l'économie kényane.

À la Saint-Valentin, 5 avions cargo, soit 5 fois 112 tonnes, toutes les nuits, bourrées de roses, montent vers Amsterdam.

Ce quatrième volet explore cette réalité économique complexe, où se mêlent notre rapport à la nature, la puissance poétique de cette passion ancienne, et l’exploitation sensible et matérielle qui en découle. Nous y découvrons les multiples visages des roses mondialisées : des employés précaires des fermes kenyanes, aux traders de roses sur le marché d’Aalsmeer en passant par les fleuristes artisans et les producteurs locaux qui se font un point d’honneur à cultiver dans leurs serres des variétés plus éphémères mais délicieusement parfumées… Le géographe Bernard Calas et la sociologue Blandine Veith démontent les mécanismes du marché international de la rose coupée. Wout Oor, producteur hollandais, Elisabeth Palandeng et Janneke de Jong, de Flora Holland, le plus gros producteur et importateur de fleurs en Europe, nous guident dans la bourse aux fleurs d’Aalsmeer par où des millions de tiges transitent chaque jour. Stéphane Dupouy, fondateur d’Ethiflora, nous conduit vers la fleuriste Céline Groussin, dont la boutique près de la place Clichy propose des roses « éthiques ». A son tour, elle nous fait découvrir les roses de Rungis et Karine et Philippe Venet, un couple de rosiéristes parmi les derniers producteurs locaux de fleurs coupées. En région parisienne, ils ne sont désormais plus que cinq.

Le problème avec les roses parfumées c'est qu'elles ne tiennent pas une fois coupé. Cinq ou six jours dans un vase et puis c'est fini alors qu'une rose normale tient une dizaine de jour.

Pour la saint-Valentin en Chine les roses couleur disco plaisent beaucoup. On offre alors une seule rose comme un cadeau très spécial.

Durée de vie d'une variété de rose, une dizaine d'année et ensuite on l'oublie !

Pas sûr qu'il y ait réellement un marché de commerce équitable pour les roses !

Avec Karine et Philippe Venet, producteurs de fleurs coupées, pépinière « Des roses de Paris » ; Noémie, « des roses dans mon jardin » ; Elisabeth Palandeng et Janneke de Jong, Royal Flora Holland ; Blandine Veith, sociologue, ingénieure de recherche au CNRS ; Jacques Ranchon, des pépinières Paul Croix ; Bernard Calas, géographe, enseignant à l’Université Bordeaux Montaigne ; Wout Oor, rosiériste hollandais ; Stéphane Dupouy, fondateur d’Ethiflora, roses issues du commerce équitable ; Céline Groussin, fleuriste, les Bouquets d’Aster.

Ce documentaire a reçu la bourse Brouillon d'un rêve sonore de la SCAM.

Avec les voix d’Andrea Schiffer, Laura Tirandaz et Thierry Beauchamps.

Textes lus par Sarah Chaumette : Un été aveugle - Rosa Alexander ; Ne t’excuse pas - Mahmoud Darwich

Equipe technique : Marie Lepeintre, Claude Niort - Documentation Ina : Linda Simhon, Amelie Briand Le Jeune - Documentation musicale : Romain Couturier - Documentation : Anne-Lise Signoret, Anne-Laure David

Merci à Léa Galanopoulo pour son article dans la revue du CNRS

Bibliographie :

Bernard Calas, le marché florissant et mondialisé de la rose, Revue Carto n°17, mai-juin 2013, p.41/44

Carte de la mondialisation des fleurs coupées : producteurs et importateurs

Bernard Calas, Mondialisation, Clusterisation et recyclage colonial. Naivasha, laboratoire d’une Afrique émergente, EchoGéo, 26 | 2013, 19 décembre 2013. Un article de fond sur le système de production du lac Naivasha (Kenya)

Bernard Calas, Le monde de la rose, filière mondiale, Café-géo.net

"Au Kenya, les roses épineuses de la Saint-Valentin", Le Monde, 14 février 2015. webreportage d'Audrey Garric, avec vidéos et photos de Phil Moore.

Rediffusion de l'émission du 29/12/2016

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