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Photographie de colons sur un marché à Bamako en 1951.
Épisode 2 :

L’invention du racisme : la faute à Gobineau et pas à Darwin ?

55 min
À retrouver dans l'émission

Au XIXe siècle, les savants obsédés par la volonté de tout classer ont épousé l'entreprise coloniale. Plonger dans l'histoire des sciences et comparer les oeuvres du britannique Charles Darwin et du français Arthur de Gobineau, c'est déconstruire le racisme contemporain.

Une statue de Charles Darwin au Natural History Museum à Londres
Une statue de Charles Darwin au Natural History Museum à Londres Crédits : Philippe Lissac /GODONG - Getty

« Partout où l’Européen porte ses pas, la mort semble poursuivre les indigènes. Les variétés humaines semblent réagir les unes sur les autres de la même façon que les différentes espèces d’animaux, le plus fort détruit toujours le plus faible », écrivait Charles Darwin dans « Voyage ». Un fatalisme mêlé de tristesse et de dégoût qui caractérise le naturaliste britannique anti-esclavagiste. Les accusations incriminant Darwin dans la genèse du racisme forment un dossier dont le volume n’a d’égal que celui des réfutations créationnistes du darwinisme. 150 ans plus tard, les « spécialistes » continuent à s’étriper sur la nature de la pensée du père de l’évolution. 

En 1853 Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français déclarait quant à lui que « l’humanité est divisée en races selon une hiérarchie logique, permanente et indélébile ». Il dressait une définition de la race jugeant certains groupes inférieurs et les désignant comme une menace pour d’autres groupes humains. Ce discours raciste doté d’un fondement biologique pseudo-scientifique s’est combiné au XIXe siècle avec le projet colonial des nations européennes. Puis il a nourri les racines idéologiques du nazisme au XXe siècle et la « biologisation » extrême de l’antisémitisme et du racisme.  

Une science européenne mariée à l’entreprise coloniale

Il y a toute une activité scientifique autour de la notion de race qui est directement liée à l'entreprise de colonisation. Les savants vont alimenter la politique coloniale en essayant de comprendre comment fonctionnent les ethnies et les groupes… et finalement organiser grâce à ces connaissances la gestion des populations coloniales. Aurélia Michèle

Gobineau, le fantasme fait science 

C’est imagination, purement imagination. Gobineau n'a jamais été quelqu'un de reconnu. Quant aux gens qui se réclament de lui, vous leur demandez de leur expliquer le système de Gobineau avec ses « trois races fondamentales »,  la « dégénérescence »... Ils seraient incapables de vous le dire, parce que ça ne correspond absolument à rien ! André Pichot

Des sauvages policés 

Ce que Darwin a théorisé, c’est une fraternité qui unit tous les êtres humains de la Terre. On trouve dans l’intégralité de son œuvre anthropologique, notamment dans « La Filiation de l'homme », des passages extrêmement violents contre les « sauvages policés », c’est-à-dire les Anglais, ses contemporains et ses compatriotes qui défendent encore le principe de l’esclavage. Patrick Tort 

Avec

Un documentaire d'Alain Lewkowicz, réalisé par Somany Na 

liens

Partenariat

LSD, La série documentaire est en partenariat avec Tënk, la plateforme du documentaire d’auteur, qui vous permet de visionner jusqu'au 19/10/20 le film de Grano Amaro de Cyril Berard et Samuel Picas (56min, 2020)

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