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Image tirée du film "Gazon maudit"
Épisode 4 :

Les persécutions nazies

55 min
À retrouver dans l'émission

"Ces jours-là étaient ceux de la mascarade. Pour survivre, il fallait se cacher". Témoignage anonyme d’une lesbienne ayant vécu sous le IIIe reich, rapporté par Claudia Schoppman dans son livre Days of Masquerade.

Femmes prisonnières à Ravensbrück
Femmes prisonnières à Ravensbrück Crédits : Swedish - Red Cross

Quelqu’un qui était asocial dans le Reich des nazis se dirigeait contre la communauté du peuple, c’était une partie seulement de la société allemande. Être asocial était un stigmate donné par exemple aux lesbiennes. Ulrich Baumann

Trouver des moyens de camoufler son identité cela me semble assez typique de la majorité des lesbiennes qui n’était pas repéré comme juive ou communiste, ou d’une façon ou d’une autre contraire à idéologie nazie. Claudia Schoppmann

À l’ancien camp de concentration de Ravensbrück, la boule commémorative en mémoire des lesbiennes déportées demeure interdite. Contrairement aux homosexuels, les lesbiennes ont rarement été explicitement persécutées "en tant que lesbienne". On retrouve toutefois des mentions du terme dans les archives nazies, des écrits lesbophobes d’autres prisonnières... et une histoire de "camouflage" : pour survivre, il fallait se cacher. Les lesbiennes ne correspondaient assurément pas à l’idéal de féminité hétérosexuelle national-socialiste, mais la reconnaissance de cette histoire demeure complexe.

Il y a un phénomène que l’on appelle en anglais The other othering, l’altérisation de l’autre, faire de quelqu’un son autre. Si vous vous percevez comme hétérosexuel vous éprouvez le besoin de définir un autre comme non-hétérosexuel. Si vous êtes dans la normalité celui que vous définissez comme autre est forcément déviant. Insa Eschebach

La raison pour laquelle vous commémorez quelqu’un ne doit pas être et n’est généralement pas identique à la raison de sa persécution. Mais dans le cas des détenues lesbiennes un grand nombre de personnes et parmi lesquelles des gens raisonnables, y compris des historiens, ont estimé que comme le lesbianisme n’était pas l’objet de la persécution, il ne devrait pas être mis en avant. Insa Eschebach

Avec  : 

  • Ulrich Baumann, directeur adjoint du Mémorial de l’Holocauste à Berlin
  • Mathias Heyl, directeur des programmes éducatifs au mémorial de Ravensbrück 
  • Suzette Robichon, éditrice, activiste, passeuse 
  • Traude Bürhmann, poétesse, activiste lesbienne 
  • Claudia Schoppmann, historienne 
  • Insa Eschebach, directrice du mémorial de Ravensbrück
  • Isabelle Diego Sentis, archiviste, activiste, cofondatrice du site Queer Code 

Une série documentaire de Clémence Allezard, réalisée par Somany Na

Dessin de Nina Jirsikova, détenue à Ravensbrück
Dessin de Nina Jirsikova, détenue à Ravensbrück Crédits : Nina Jirsikova

Bibliographie

>> LIVRES

(en anglais) Days of Masquerade, Life stories of Lesbian women during the Third Reich, traduit par Allison Brown, Columbia University Press, 1996

(en allemand) Nationalsozialistische Sexualpolitik und weibliche Homosexualität, Claudia Schoppmann, Centaurus Verlag & Media, 1991 rééd.1997) 

Homosexuel.le.s en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale, sous la direction de Régis Schlagdenhauffen, Nouveau monde éditions, 2017 

Histoire de l’homosexualité en Europe, Florence Tamagne, Seuil, 2000

Plus forte que la mort : l'amitié dans les camps, Marie Jo bonnet, Ed. Ouest-France, 2015

Le Verfügbar aux Enfers. Une opérette à Ravensbrück, de Germaine Tillion, La Martinière, 2005

Liens

(en anglais) Lesbianism, Transvestitism, and the Nazi State : A Microhistory of a Gestapo Investigation, 1939–1943 de Laurie Marhoefer   

"L’histoire des femmes au défi de la déportation" , de Christine Bard in Histoire et politique, 2008

ARCHIVES

France culture, Fiction, 2015 Le Verfügbar aux Enfers, une opérette à Ravensbrück de Germaine Tillion , réalisée par Annie Roger, mise en scène de Bérénice Collet, cheffe d'orchestre: Hélène Bouchez. Émission reconstruite par le réalisateur Christophe Hocké  

>> FILMS

Aimée et Jaguar, de Max Färberböck, 2001, adapté du roman éponyme d’Erica Fischer. 

Jeunes filles en uniforme de Leontine Sagan, premier film commercial lesbien allemand, 1931 

Merci à Didier Roth-Bettoni, co-commissaire de l’exposition "Champs d’amour" pour la mise à disposition du film "Jeunes filles en uniforme" de Leontine Sagan 

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