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Marae Arahurahu (Tahiti)
Épisode 4 :

Mururoa, le colonialisme nucléaire

54 min
À retrouver dans l'émission

C’est l’héritage de l’histoire nucléaire française qui empêche la pleine reconnaissance des victimes des essais nucléaires…

Essai nucléaire de Mururoa (1970)
Essai nucléaire de Mururoa (1970) Crédits : Alain Nogues - Getty

Le Général De Gaulle m'a fait comprendre qu'il avait besoin de ces atolls pour les expérimentations atomiques et qu’il serait souhaitable que nous les donnions à la France. Et que si nous ne le faisions pas, il aurait les moyens de nous contraindre. Il avait besoin de ce territoire et de son positionnement. Sinon il ferait simplement nommer un gouvernement militaire en Polynésie française et il déclarerait la Polynésie stratégique. Jacques Denis Drolet

Il est donc devenu important pour l'armée française et le pouvoir politique français depuis soixante ans, de construire un mythe "il n'y a pas de danger" ou "on contrôle les dangers". Christian Sueur

1963, la France installe le CEP, Centre d’Expérimentation du Pacifique sur de petits atolls des Tuamotu à 18 000 kilomètres de Paris. Des agriculteurs, des pêcheurs de tous les archipels, les Marquises, les îles Sous-le-vent, les Australes sont recrutés et défrichent avec la légion étrangère les atolls de Mururoa, Fangataufa et Hao. Plus de dix mille Polynésiens contribuent à la création de la force de dissuasion nucléaire. Les essais sont réputés propres et personne ne pose trop de question devant la quantité d’argent déversé par l’Etat français. Depuis les années 2000, les associations des vétérans du Nucléaire en métropole et en Polynésie mènent le combat pour  faire reconnaître les maladies radio-induites des hommes de la bombe et des habitants. La route est longue. Déni de réalité, interdit de dire, le fait nucléaire reste un fait colonial.  

Les habitants de la métropole ne comprennent pas les essais nucléaires. Ils ont du mal à saisir qu’il y a eu autant d'essais nucléaires en Polynésie. On fait mémoire de Tchernobyl et d'Hiroshima mais on préfère ne pas parler de la Polynésie et de ses 193 essais nucléaires. Auguste Uebe-Carlson

Manifestations contre les essais du pacifique en 1995 à Paris
Manifestations contre les essais du pacifique en 1995 à Paris Crédits : Patrick Durand - Getty

Avec : 

  • Père Auguste Uebe-Carlson, de l’association 193  
  • Dr Christian Sueur, pédo-psychiatre en poste auCentre Hospitalier de Polynésie Française de 2006 à 2017 
  • Arnaud Castelnerac, médécin militaire    
  • Jacques, patient 
  • Richard Tuheiava, ancien Sénateur, membre du Tavini Huiraatira, le parti indépendantiste représentant à l’assemblée de la Polynésie française 
  • Richard Neuffer, avocat de "Mururoa et tatou"  
  • Andreas Dettloff, artiste contemporain océanien 
  • Michel Arakino, ancien militaire et plongeur, victime des essais nucléaires   

Une série documentaire de Delphine Morel, réalisation Nathalie Battus, Mixage Manuel Couturier et soutenue par brouillon d’un rêve de La Scam.Musique originale : Collectif Quinzequinze

Liens

1966 : la Polynésie française à l’heure atomique. Reportage sur la vie à Tahiti peu avant le premier essai nucléaire sur l'atoll de Mururoa, une archive Ina du 5 juillet 1966.

La Polynésie imaginée ou une bombe au paradis. Mémoire de maîtrise en science politique de Monica Emond, université du Québec à Montréal, 2008.

La Polynésie marquée à jamais par les essais nucléaires français. Article de Kim Feldmann (Equal Times) publié par Reporterre en novembre 2018.

Les Conséquences Génétiques des Essais Nucléaires français dans le Pacifique, chez les petits-enfants des Vétérans du CEP, et des habitants des Tuamotu Gambiers. Rapport du Dr Christian Sueur, janvier 2018.

Site de l’association 193.

Les Polynésiens et les essais nucléaires : indépendance nationale et dépendance polynésienne : rapport de la Commission d’enquête sur les conséquences des essais nucléaires (CESCEN), 2005.

Evaluation de l’exposition radiologique des populations de Tureia, des Gambier et de Tahiti aux retombées des essais atmosphériques d’armes nucléaires entre 1975 et 1981 : Rapport de l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire), 2019.

Du « bon sauvage » à la bombe nucléaire coloniale : article de Saïd Bouamama publié sur le site du Comité pour l’Abolition des Dettes Illégitimes, 2018.

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