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Défilé du Carnaval, Cayenne, Guyane-française
Épisode 1 :

« Cayenne la piqueuse* ! »

54 min
À retrouver dans l'émission

D’une colonie d’exploitation à une colonie de peuplement, la Guyane a subi tous les ressacs d’une politique volontariste et indifférente à ce qui se vit là à 7000 km de la France.

Défilé du Carnaval, Cayenne, Guyane-française
Défilé du Carnaval, Cayenne, Guyane-française Crédits : GERAULT Gregory / hemis.fr - AFP

Un documentaire de Nedjma Bouakra et Diphy Mariani

1ère diffusion le 27/05/13 dans Sur Les Docks

« La terre ferme d’Amérique », ainsi fut nommée la colonie de Cayenne et ses premiers établissements fondés en 1636. Cayenne fut longtemps considérée comme une île et l’usage d’une embarcation était obligatoire pour ses habitants. Mais Cayenne est une presqu’île. Elle a suscité autant d’espoirs que de désillusions.

Le manque de main-d’œuvre conjugué au faible nombre de navires négriers - Cayenne étant difficile d’accès par voie maritime - conduisit à une mise en esclavage locale, celle des amérindiens. Puis vint le temps des travaux forcés, des déportations politiques et de la relégation pour développer une terre peu fertile et impraticable. En Guyane, la France vécut une contradiction majeure : comment mêler la conquête coloniale et les droits de l’Homme ? Comment instaurer un ordre politique impérial et proclamer le droit à la pleine citoyenneté ? D’une colonie d’exploitation à une colonie de peuplement, la Guyane a subi tous les ressacs d’une politique volontariste et indifférente à ce qui se vit là à 7000 km de la France.

Et pourtant, dans ces rues et places, Cayenne donne la part belle à de grands Hommes guyanais, Felix Eboué ou Gaston Monnerville. Épris d’égalité et de liberté, ils modifièrent le cours de l’histoire nationale. Ici à Cayenne la vie se compose et se recompose auprès de plus de 20 nationalités des Caraïbes, d’Amérique Latine mais aussi d’Asie.

"Cayenne" signifie aussi dans l’argot des marins : un lieu où l’on peut se reposer des rigueurs de la mer. Et à Cayenne on vient toujours trouver une halte, un bout de terre à soi, "chercher la vie" dans cette ville à l’abri des cyclones et accolée à l’Amazonie. Jours de Carnaval, les rues bruissent d’ingéniosité et d’insolence. Non, Cayenne la piqueuse n’est pas celle que l’on croit connaitre.

* Les Piqueuses sont celles qui s'adonnent à des danses endiablées et lascives à la fois.

Avec :

  • Serge Mam Lam Fouck , professeur des universités en histoire contemporaine à l’Université des Antilles et de la Guyane.
  • Denis Lamaison , chercheur-auteur
  • Frédéric Piantoni, Géographe, Maître de conférences, Université de Reims Champagne-Ardenne, en délégation à l’IRD.

Prise de son : Marcos Darras • Mixage : Manuel Couturier • Voix : John Berrebi

Avec le soutien de l'Institut de Recherche pour le développement et Air Caraïbes

Il y a dans la ville de Cayenne plusieurs lieux de mémoire qui racontent des histoires successives, souvent contradictoires. Des histoires qui s’opposent.

La mer appelle des souvenirs tragiques, puisque c'est dans la mer que sont venus les esclaves, dans les bateaux négriers. Il y a un peu cette peur de la mer et très peu de guyanais ici à Cayenne savent nager.

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