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La Master class de Pavel Lounguine

59 min
À retrouver dans l'émission

animée par Pascal Mérigeau À quarante ans, ou presque, il en a eu assez d’écrire pour les autres. Et comme personne à Moscou ne voulait produire ses débuts de réalisateur, c’est en France qu’il a trouvé, grâce à Marin Karmitz, le financement de son premier film. Dont l’action se déroulait entièrement à Moscou. Avec Taxi Blues (1990), histoire de la rencontre entre un chauffeur de taxi nostalgique du socialisme et un musicien de jazz tourné vers l’avenir, Pavel Lounguine s’interrogeait sur ce qu’alors on désignait sous l’appellation de “nouvelle liberté”. Avec, à la clef, le Prix de la mise en scène à Cannes en 1991.

Il réalise ses films, dit-il, pour répondre aux questions qu’il se pose. C’est ce qui les rend vivants, imprévisibles, tous différents et affichant pourtant comme un air de famille, de Luna Park (1992) à Ligne de vie (1996), d’Un nouveau Russe (2003), sans doute le tableau le plus saisissant de la Russie d’aujourd’hui, à L’Île (2007), rêverie sombre et lumineuse qui sonde les profondeurs de l’âme russe, en passant par La Noce (2000), ou vingt-quatre heures de la vie d’une ville oubliée de tous depuis la chute du communisme, à seulement trois cents kilomètres de Moscou, autant dire au bout du monde.

Installé à Paris en 1993 – ses fenêtres donnaient sur le bassin de la Bastille –, il a réinvesti ses appartements moscovites quelque dix ans plus tard. Désormais, il vit et travaille là-bas, d’une adaptation de Gogol pour la télévision (Les Âmes mortes , 2004) à une grande fresque historique embrassant les dernières années du règne d’Ivan le Terrible (Tsar , 2010). Qu’est-ce donc que le cinéma, pour lui ? “La création d’une réalité inventée entièrement, mais qui se révèle plus réelle que la réalité. Sa force est d’aider à digérer une réalité qui est souvent impossible à avaler.” Il porte sur le monde un regard débarrassé de toute complaisance, sans oublier jamais la leçon apprise auprès des gens de La Noce : “La vieille Russie est intacte, les gens vivent toujours selon les mêmes principes, les mêmes valeurs.Ce sont eux qui ont donné au fi lm son énergie, sa vitalité, son humour. J’étais arrivé avec une vision sombre, très dure, presque tragique, ce que nous avons vécu avec tous ces gens a transformé le fi lm et je suis reparti chargé d’optimisme. Les habitants de Lipki n’ont pas d’argent, mais n’importe comment ils n’en ont jamais eu ; on peut leur faire subir tout ce qu’on veut, ils continuent comme si de rien n’était. Et ils se marrent.” Ce regard, cette voix, cette intelligence, cet humour vous donnent rendez-vous.

Critique au Nouvel Observateur, Pascal Mérigeau a publié plusieurs ouvrages sur le cinéma dont “Pialat” (Éd. Ramsay, 2007), “Cinéma : autopsie d’un meurtre” (Éd. Flammarion, 2007) et “Depardieu” (Éd. Flammarion, 2008).

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