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#Metoo, le "genre" et la scène du désir

44 min

Frédéric Worms s'entretient avec Anne-Emmanuelle Berger, professeur d'études du genre et responsable du Centre d'études féminines et d'études de genre de l'Université Paris 8.

Il règne une certaine confusion en France entre les études dites de « genre » et la notion elle-même. Pourtant, cette notion, à condition de la considérer avec rigueur, est précieuse pour éclairer ce qui nous arrive : de l’affaire Strauss-Kahn (2011) à l’affaire Weinstein (2017), de ledire.org à la déferlante #metoo. Anne-Emmanuelle Berger, spécialiste du « grand théâtre du genre », nous explique comment, partie de la sexualité, la notion de genre à rencontré tous les rapports de pouvoir dans la société, et maintenant en revient à son origine : la « scène du désir », traversée par des rapports de pouvoir. La libération de la parole à laquelle on assiste permet d’affronter ces rapports de pouvoir, mais comporte aussi des risques de dérives. Là aussi, l'étude méthodique du « genre » nous éclaire. « Le féminisme est un humanisme » pour reprendre la célèbre formule de Christiane Taubira. 

Anne-Emmanuelle Berger : Il me semble que là où on pense le genre comme un affichage se pose la question de l'identité sociale, dans le sens où on émet des signes qui sont reconnaissables. Le genre est un élément de catégorisation, mais qui rend intelligibles les catégories.

Je ne pense pas, au contraire de certaines ou de certains, que la sexualité soit uniquement une scène de rapports de pouvoir. 

La scène du désir, dans ses manifestations privées et publiques, reste encore non analysée. Les hommes occupent encore largement la place de sujet du désir ou sujet de la pulsion. Ils occupent le terrain en aveugles dominants, et en aveugles, parce que dominants. 

A l'époque du MLF on disait "nous", et maintenant, avec "#metoo", c'est individualisé. Il y a des collectifs féministes qui disent "nous", mais les femmes qui s'expriment disent d'abord "je", et c'est un "je" blessé.

Le choix musical d'Anne-Emmanuelle Berger est un chant tzigane de Dvořák, interprété par Bernarda Fink et Genaia Kuhmeier.

Intervenants
  • Professeur d'études du genre et responsable du Centre d'études féminines et d'études de genre de l'université de Paris 8
L'équipe
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Avec la collaboration de
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