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Le joueur de go Ke Jie pendant le match qui l'a opposé à Alphago, le programme d'Intelligence Articielle développé par Google le 25 mai 2017 à Wuzhen (province de Zhejiang, Chine)

« Ne projetons jamais une volonté propre sur aucune machine »

43 min

Serge Tisseron s'entretient avec Raja Chatila, roboticien, directeur de l’Institut des systèmes intelligents et de robotique (ISIR) (Université Pierre et Marie Curie / CNRS).

Le joueur de go Ke Jie pendant le match qui l'a opposé à Alphago, le programme d'Intelligence Articielle développé par Google le 25 mai 2017 à Wuzhen (province de Zhejiang, Chine)
Le joueur de go Ke Jie pendant le match qui l'a opposé à Alphago, le programme d'Intelligence Articielle développé par Google le 25 mai 2017 à Wuzhen (province de Zhejiang, Chine) Crédits : STR / AFP - AFP

Le comportement apparemment irrationnel de robots a toujours une raison objective. Gardons-nous alors de projeter une volonté indépendante sur une machine dont le comportement semble soudain échapper à son programme. Mais si les robots sont bien loin de correspondre aux fantasmes qui courent à leur sujet, ils n’en ont pas moins des fonctions déjà très importantes : ils peuvent remplacer l’homme dans certaines tâches, augmenter certaines de ses capacités et l’assister en adoptant une posture complémentaire de la sienne. Autant de fonctions qui ne sont pas pour autant sans poser chacune des problèmes spécifiques…

Raja Chatila : Un robot c'est un système intelligent particulier, doté d'une intelligence dite faible ou spécifique.

Je ne pense pas que les robots pourront développer une forme de conscience, en revanche je pense que les êtres humains qui les étudient peuvent les utiliser pour mieux comprendre ce qu'est la conscience, par exemple pour modéliser comment la conscience de soi fonctionne."

Dans son article Computing machinery and intelligence, le mathématicien britannique Alan Turing se demande si « les machines peuvent penser ».

Raja Chatila : "Il y a deux types de robots, le robot de substitution, qui va éviter à l'homme d'être confronté à des situations dangereuses et le robot qui va "augmenter" l'homme, qui agit avec lui de façon consubstantielle, comme dans le cas des exosquelettes par exemple. Entre réparation et réhabilitation, entre réparation et augmentation, il y a une frontière un peu floue et c'est là que les questions éthiques se posent. Je pense que si augmentation il y a, il faut qu'elle soit réversible, que l'on puisse retirer le dispositif d'augmentation sans mettre en danger les fonctions de la personne."

Faut-il taxer les robots ? Je pense que c'est une fausse bonne idée. Parce que ce remplacement du travail humain que l'on incrimine se fait aussi par le biais de programmes, d'algorithmes, de machines. Alors comment déterminer où s'arrête le programme et où commence le robot ?

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Le choix musical de Raja Chatila est “Est-ce ainsi que les hommes vivent ?” de Léo Ferré.

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