LE DIRECT
Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 (gravure de Prieur) / Paris, Hôtel Carnavalet (Cabinet des arts graphiques)
Épisode 1 :

Un 89 peut en cacher un autre

44 min
À retrouver dans l'émission

Depuis trente ans (1989) ou qui sait, 230 ans (1789), on a lu l’actualité et vu le monde à travers « 89 ». Cette double date signifiait un certain sens de l’histoire : la révolution, les droits de l’homme, la chute des murs ! Mais est-ce encore possible, en 2019 ? Ce soir avec F. Hartog, historien.

Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 (gravure de Prieur) / Paris, Hôtel Carnavalet (Cabinet des arts graphiques)
Prise de la Bastille le 14 juillet 1789 (gravure de Prieur) / Paris, Hôtel Carnavalet (Cabinet des arts graphiques) Crédits : © DEA / G. DAGLI ORTI - Getty

Le prisme est-il encore actif ? Que nous fait-il voir, une fois fêlé ou brisé ? Ne reflète-t-il plus que les déceptions, les déconvenues : Tian an Men, le sida, l’Europe elle-même, tout ce qui annonce les catastrophes d’aujourd’hui ? Mais ces déceptions et ces ruptures, peut-on les comprendre autrement que par rapport au sens devenu plus concret, fragile et critique mais aussi urgent, de « 89 » ?

Photo devenue célèbre d'un activiste chinois bloquant une colonne de chars sur la place Tiananmen le 5 juin 1989
Photo devenue célèbre d'un activiste chinois bloquant une colonne de chars sur la place Tiananmen le 5 juin 1989 Crédits : © CNN - Getty

François Hartog a vu dans l’année 1989 le passage d’une époque de notre histoire à une autre. L’une était dominée depuis 1789 par l’horizon de l’avenir. L’autre (depuis ce bicentenaire) l’est non seulement par le passé et la commémoration, mais par le présent, sans plus d’horizon du tout. C’est sa thèse centrale et célèbre sur les « régimes d’historicité ». Mais qu’en est-il en 2019 ? Les ébranlements ne redonnent-ils pas sens aux deux étranges 89 emboîtés désormais ? Peut-on aller encore y puiser des ressources d’histoire et d’avenir ? Sa réponse, dans cette conversation, surprendra, et orientera ! 

Se référer à 89 en 2019 est pertinent si on le fait avec le souci de comprendre notre présent à partir de ces dates du passé, c'est à dire ce qui, aujourd'hui nous mobilise dans ce qui s'est produit en 1789 ou en 1989.

Le 14 juillet 1790, quand on célèbre la fête de la Fédération, le premier moment de commémoration, on donne un sens à ce qui s'est produit, et on aimerait (se) dire, peut-être, que la Révolution est terminée...

Mannequin de cire du violoncelliste Mstislav Rostropovitch donnant un concert après la chute du mur de Berlin (Musée Grévin à Paris)
Mannequin de cire du violoncelliste Mstislav Rostropovitch donnant un concert après la chute du mur de Berlin (Musée Grévin à Paris) Crédits : © Pierre Andrieu - AFP

Les commémorations (en 1989) ont relancé, en un sens, 1789, puisque les étudiants de la place Tiananmen, entre avril et juin 1989, avaient dressé une statue de la démocratie. [...] On pouvait relier ce 1989 de Tiananmen avec 1789.

... Une date n'est vivante que pour autant qu'on la visite et qu'on lui pose des questions...

Extrait musical choisi par l'invité : " extrait d'une des suites pour violoncelle seul " de Jean-Sébastien Bach interprété par Mstislav Rostropovitch (violoncelle) devant le mur de Berlin le 11 novembre 1989 au "check point Charlie", point de passage symbolique du mur de l'Est vers l'Ouest.

>>> extrait du défilé du bicentenaire de la révolution française, sur les Champs-Elysées, orchestré par Jean-Paul Goude, en 1989.

>>> fiche Wikipédia de François Hartog

Intervenants
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......