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Fresque murale en français représentant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen à Bamako (Mali)
Épisode 2 :

Ne sacrifions pas les droits humains

43 min
À retrouver dans l'émission

Depuis trente ans (1989) ou qui sait, 230 ans (1789), on a lu l’actualité et vu le monde à travers « 89 ». Cette double date signifiait un certain sens de l’histoire : la révolution, les droits de l’homme, la chute des murs ! Mais est-ce encore possible, en 2019 ? Ce soir, avec Jean-Marie Delarue.

Fresque murale en français représentant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen à Bamako (Mali)
Fresque murale en français représentant la déclaration des droits de l'homme et du citoyen à Bamako (Mali) Crédits : © Jean-Luc Manaud - Getty

Le prisme est-il encore actif ? Que nous fait-il voir, une fois fêlé ou brisé ? Ne reflète-t-il plus que les déceptions, les déconvenues : Tian an Men, le sida, l’Europe elle-même, tout ce qui annonce les catastrophes d’aujourd’hui ? Mais ces déceptions et ces ruptures, peut-on les comprendre autrement que par rapport au sens devenu plus concret, fragile et critique mais aussi urgent, de « 89 » ?

Jean-Marie Delarue, depuis qu’il préside la Commission consultative nationale des droits de l’homme, n’a cessé d’alerter. Ce n’est pas seulement que les violations augmentent. C’est surtout qu’elles ne choquent plus, ce qui veut dire avant tout que les principes n’orientent plus, ne sont plus prioritaires. Au nom de la « sécurité », et d’un cortège de changements idéologiques et politiques, la boussole des « droits de l’homme » s’est-elle déréglée ? Pourquoi reste-t-elle essentielle, et partout dans le monde depuis ceux qui les contestent résolument comme en Chine ou ceux qui s’en revendiquent et jusqu’en France ? Comment défendre à la fois les êtres humains, les droits des êtres humains, sans que cela s’oppose aux autres dangers du moment, mais au contraire y réponde aussi ? Nul n’est mieux placé que Jean-Marie Delarue, avec son expérience, sa rigueur et sa précision, pour le dire. 

89 est une date qui doit être consensuelle. [...] On a besoin de faire du consensus parce que 1789 a été largement, jusque là, une occasion de dissensus dans notre histoire.

Je suis frappé de la méconnaissance du contenu des droits de l'homme. Je ne sais pas quel écolier, de 6e ou de 5e, pourrait nous réciter aujourd'hui, la déclaration des droits de l'homme, celle de 89.

L'histoire récente (celle de 1989) des droits de l'homme n'a pas donné une place très forte aux droits de certaines catégories un peu oubliées que sont les femmes, les enfants, les personnes porteuses de handicap... 89, c'est aussi la naissance de la convention internationale des droits de l'enfant dont nous allons fêter le trentenaire le 20 novembre 2019.

Les évolutions de notre société nous obligent à remettre au premier plan des choses que nous croyions acquises. Personnellement, je suis très triste, à l'âge que j'ai, d'avoir à défendre des choses que je ne croyais plus nécessaires à défendre un jour (liberté de la presse, liberté d'expression...).

Extrait musical : "Immortels" par Alain Bashung - album posthume "en amont" (2018)

Intervenants
  • Président de la Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme (CNCDH), ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté.
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