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"Le bon vivant et l'abstinent", huile sur toile de Franck Le Gall (81 x 65 cm)
Épisode 5 :

Assumer l’humain

44 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre autour de l’œuvre d’Etienne Bimbenet, philosophe et professeur de philosophie à l’Université de Bordeaux Montaigne : "Le complexe des trois singes : essai sur l’animalité humaine" (Seuil, 2017).

"Le bon vivant et l'abstinent", huile sur toile de Franck Le Gall (81 x 65 cm)
"Le bon vivant et l'abstinent", huile sur toile de Franck Le Gall (81 x 65 cm) Crédits : © D.R.

Il y a, selon Etienne Bimbenet - philosophe et professeur de philosophie à l’Université de Bordeaux Montaigne - un étrange déni de l’humain parmi les humains. Après un excès d’hommages, ce serait comme un excès de honte. Or, la spécificité humaine n’est pas seulement biologique, elle est aussi, sinon d’abord, dans une visée qui surgit de sa vie mais qui l’ouvre sur un horizon commun, un monde, une histoire, un universel. Aucun projet, même celui de préserver les vivants et les animaux ne peut y échapper. C’est aussi la condition de la science objective et d’un monde commun. C’est l’accès à l’objet et à la vérité que permet et auquel aspire l’humain. Faut-il pour autant nier la négativité propre aussi aux humains, et aux relations entre les humains, autant qu’aux relations entre les humains, d’un côté, les vivants et les animaux de l’autre ? C’est la question que l’on discute avec lui pour tenter d’assumer l’humain, mais alors jusqu’au bout.

On est en train de tourner une page anthropocentrique du rapport entre l’humain et l’animal. Car l’anthropocentrisme place l’humain à part et au-dessus du reste des animaux. On se dirige maintenant vers un « zoocentrisme » en considérant que l’humain est un animal comme les autres, et que nous sommes plus essentiellement animaux qu’humains et plus vivants que rationnels.

Il y a une certaine sensibilité d’époque qui amène à différer, à se distinguer, à catégoriser. Nous avons du mal avec les différences trop radicales et nous sommes, de fait, en train de s’installer dans de grandes hybridations entre humains et non-humains car elles sont moralement et intellectuellement confortables : elles font de nous, humains et non-humains, les habitants d’une même communauté.

>>> Extrait musical choisi par l'invité : "Il n'y a pas d'amour heureux" interprété par Françoise Hardy à partir du poème de Louis Aragon.

Intervenants
  • Professeur de philosophie contemporaine à l'université Bordeaux Montaigne
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