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Épisode 2 :

Faire le bien et bien le faire

43 min
À retrouver dans l'émission

Ce soir, nous parlons de philanthropie avec Anne-Claire Pache, chercheuse en innovation sociale et professeure titulaire de la chaire philanthropie de l’ESSEC.

Bill et Melinda Gates rendent visite aux habitants de Khayelitsha (Le Cap, Afrique du Sud) fin octobre 2019.
Bill et Melinda Gates rendent visite aux habitants de Khayelitsha (Le Cap, Afrique du Sud) fin octobre 2019. Crédits : © Brenton Geach / Gallo Images - Getty

L’implantation d’une filière entrepreneuriat social à l’Essec doit beaucoup à Anne-Claire Pache, ancienne de l’école qui, après un Mastère consacré aux organisations à but non lucratif, a l’idée de créer une chaire d’enseignement de la philanthropie à l’Essec. Encore peu courante en France, à l’inverse des pays anglo-saxons, la philanthropie, surtout celle des très riches, rencontre des obstacles critiques, y compris aux États-Unis où elle est très développée. Dénonciation du pouvoir et de l'influence des grandes fortunes, au travers de leurs fondations, questions sur les risques pour la perpétuation des inégalités, voire la démocratie, et sur le sens réel de leur générosité : ne cherchent-elles pas avant tout la gloire, la visibilité médiatique, voire des réductions d’impôt au détriment de la collectivité ? La philanthropie n’en représente pas moins une très efficace source de dons pour de nombreux secteurs : science, culture, pauvreté, santé, etc.  

Qu'est-ce que la philanthropie ?

Elle émerge en France au 18e siècle et elle s'est développée, à l'époque, avec l'idée de montrer que l'on peut aimer son prochain et s'engager pour aider l'autre sans nécessairement être mu par des principes religieux. La notion de philanthropie, elle naît quelque part en contrepoint de la notion de charité. C'est une forme de reconnaissance d'un humanisme laïc au 18e siècle. Les premières sociétés philanthropiques naissent à ce moment là avec l'idée de mobiliser un peu des élites au service des plus démunis, mais avec une vraie réflexion sur comment peut-on essayer de couper finalement cette relation de dépendance qu'entretiennent les formules les plus simples de la charité ?

On a une longue pratique de la philanthropie dans ce pays (Etats-Unis), dans un contexte où, historiquement, l'Etat a une place beaucoup moins importante (qu'en France par exemple). Il est considéré que les citoyens eux-mêmes doivent s'organiser pour prendre en charge l'ensemble de l'intérêt général. Mais, depuis quelques années, dans un contexte où la philanthropie est très présente à la fois dans des grandes institutions académiques, dans des think-tank pour influencer les politiques publiques, dans des institutions culturelles et où, du coup, des chercheurs en sciences politiques et des penseurs plus engagés dans la société posent la question de quelle est l'influence de la philanthropie sur la démocratie ?

Et pour avoir une petite idée de la différence (entre les Etats-Unis et la France), la fondation la plus importante de France (Fondation Bettencourt Schueller - première fondation privée française) se trouverait au 100e rang aux Etats-Unis ! 

La cause peut être ternie par un philanthrope qui se comporte très mal, et, dans l'autre sens, un philanthrope, s'il s'associe à une organisation qui, pour une raison ou une autre, est, elle aussi, prise dans des sujets problématiques, la réputation du philanthrope lui-même peut être ternie. Donc, on est effectivement dans une relation très forte d'interdépendance entre le philanthrope et la cause. 

Extraits sonores : hommage à Henri-Dunant (Extrait de l'émission "La Croix-Rouge" (archives INA) - diffusion le 1/01/1955 - ORTF), fondateur de la Croix-Rouge (1955), puis extrait d'une chanson : "I don't like mondays" par Bob Geldof, chantée lors d'un concert donné, en 2005, dans le but d'effacer la dette des pays pauvres, notamment en Afrique.

Henri-Dunant, philanthrope suisse fondateur de la Croix-Rouge en 1863. Il reçut le premier prix Nobel de la Paix en 1901.
Henri-Dunant, philanthrope suisse fondateur de la Croix-Rouge en 1863. Il reçut le premier prix Nobel de la Paix en 1901. Crédits : © Prisma / Universal Images Group - Getty
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  • Chercheuse en innovation sociale et professeure titulaire de la chaire philanthropie de l’ESSEC.
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