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Plus de mille personnes se sont réunies à Londres pour défendre le climat à l'horizon 2030 avec zéro émission (Hyde Park, Londres, décembre 2010).
Épisode 3 :

Contre le multilatéralisme menacé, construire d’autres normes

44 min
À retrouver dans l'émission

Pour cette série inédite, proposition est faite, à nos invités de disciplines et d’âges différents, d’envisager l’avenir dans dix ans. Ce soir, rencontre croisée avec Laurence Tubiana, économiste, diplomate et directrice de l'European Climate Foundation et Camille Escudé, géographe et doctorante.

Icebergs du glacier Jacobshavn ou Sermeq Kujalleq (les plus importants du Groenland). ils ont reculé de 40 km depuis 1850 en raison du changement climatique (augmentation de la température).
Icebergs du glacier Jacobshavn ou Sermeq Kujalleq (les plus importants du Groenland). ils ont reculé de 40 km depuis 1850 en raison du changement climatique (augmentation de la température). Crédits : © Ashley Cooper / The image bank - Getty

Un terme assez proche pour donner de la crédibilité aux analyses politiques, économiques, sociales et environnementales, parfois et c’est souhaitable, en les rapprochant. 2030 donc. Il est frappant de constater que la littérature est abondante sur cette échéance : des textes de toutes natures, des engagements signés par les Etats, des études prospectives, des promesses scientifiques. C’est surtout le cas dans le domaine qui nous occupe ce soir. Nous parlons de climat et de géopolitique, avec Laurence Tubiana, économiste, universitaire et diplomate. Professeure associée à Sciences Po, titulaire de la chaire de développement durable. Directrice de la European Climate Foundation et co-présidente du Comité de gouvernance de la Convention citoyenne pour le climat, présidente également du Conseil d’administration de l'Agence française de développement et ancienne ambassadrice pour les négociations de la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques (COP21), et Camille Escudé, géographe à l'IFRI, et doctorante à Sciences-Po (CERI) avec une thèse intitulée “Coopération politique et intégration régionale en Arctique (1996-2019)”.

Si on se projette dans cette année 2030 qui est très importante, comme le disent les scientifiques du GIEC, ces dix ans sont cruciaux pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre : les réduire déjà, et de façon plus rapide dans beaucoup de pays. Laurence Tubiana

(A propos de l'Arctique, région étudiée par Camille Escudé). Je me suis rendue compte que finalement, la région arctique est une région du monde dont on parle assez peu en France, [...] et pour moi, c'est une région absolument clé parce qu'en fait, elle permet d'aborder tous les enjeux majeurs contemporains, c'est à dire à la fois par le prisme d'analyses environnementales, climatiques, bien sûr, [...] mais c'est également une région du monde avec des enjeux humains, politiques, économiques. Camille Escudé

Au fond, on voit que le climat est devenu un sujet politique et géopolitique majeur. Laurence Tubiana

La grande différence avec l'Antarctique, c'est que l'Arctique est peuplé de manière permanente, pas seulement par quelques scientifiques (comme en Antarctique), mais peuplé de 4 millions d'habitants au nord du cercle polaire, dont 10% à 15% de populations autochtones, et ces 4 millions de personnes sont réparties sur un ensemble de 8 États. Camille Escudé

Certaines projections, comme celles du GIEC, disent qu'en 2030, il n'y aura certainement plus de banquise arctique, du moins pendant la période d'été. Camille Escudé

Il est vrai, aujourd'hui, qu'une ville, un état, peut se revendiquer d'un accord international alors que même son gouvernement, c'est l'exemple américain, peut être contre cet accord. Donc, on a un vrai bouleversement politique à cause de ces sujets de biens communs. Laurence Tubiana

Ce forum (le Conseil de l'Arctique) rassemble à la fois les 8 Etats souverains de la région, mais également six organisations autochtones et un certain nombre d'états ou d'organisations non-gouvernementales qui ont un poste d'observateurs. [...] Tout le travail de décision du Conseil de l'Arctique, est vraiment fondé sur le travail scientifique considérable qui est réalisé par des chercheurs du monde entier. Camille Escudé

Extrait sonore : "Jean Malaurie, le sage des glaces" (reportage, images et réalisation : Florent Potier / la Semaine.fr).

Extrait musical de fin d'émission : " Pas les saisons " par Mina Tindle - Album : " Parades " (2014) - Label : Mina Tindle.

Pour aller plus loin

Page wikipédia de Laurence Tubiana.

Page de Camille Escudé (CV Sciences Po).

Page wikipédia sur la Conférence de Copenhague (2009). (évoquée dans l'émission).

Résumé de l'article de Camille Escudé " Le Conseil de l’Arctique, la force des liens faibles" (2017) sur le site de Cairn.info.

Article de Camille Escudé " Les régions de l’Arctique entre États et sociétés " (2019) sur le site Géoconfluences de l'ENS Lyon.

Page wikipédia sur le GIEC.

Emission enregistrée le 11 mars 2020.

Intervenants
  • économiste, présidente de la Fondation européenne pour le climat
  • Géographe, chercheuse au Centre d’études des relations internationales (CERI/Sciences Po) et au Groupes d’études géopolitiques (GEG/ PSL)
L'équipe
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