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Épisode 4 :

L’entreprise, entre les chiffes et le récit

43 min
À retrouver dans l'émission

Comment les acteurs privés mettent-ils en œuvre leurs responsabilités éthiques et politiques ? C’est la question à laquelle Cécile Renouard, professeure de philosophie au Centre Sèvres et enseignante à l’Ecole des Mines de Paris, à l’ESSEC et à Sciences Po, répondra ce soir.

Des militants écologistes membres d'Extinction Rebellion, le 14 octobre 2019, lors d’un blocus au cœur de la City, le quartier financier de Londres.
Des militants écologistes membres d'Extinction Rebellion, le 14 octobre 2019, lors d’un blocus au cœur de la City, le quartier financier de Londres. Crédits : © Richard Baker - Getty

Cécile Renouard dirige un programme de recherche qui étudie la mise en œuvre par les acteurs privés de leurs responsabilités éthiques et politiques. Dans le cadre de partenariats avec des entreprises (Total, Danone, Veolia, Meeschaert, etc.), des ONG (CCFD) et l’agence publique de développement (AFD), elle a travaillé depuis 2006 sur la contribution des entreprises à la qualité du lien social et écologique, dans différents territoires, en France et ailleurs (Nigeria, Inde, Indonésie, Mexique, France).

Elle est également présidente et membre de droit du « Campus de la Transition » qui accueille des formations à l’éthique de l’environnement. Connaître la vérité ne suffit pas, il faut appliquer partout les bons comportements. Pas si simple !

Les trajectoires actuelles de nos sociétés nous font aller droit dans le mur. Tous les rapports récents de l’ONU, du GIEC, d’experts et de climatologues le montrent. [...] Il nous faut réviser radicalement nos modes de production et nos modes de vie.

Le « Greta Thunberg bashing » est révélateur de la difficulté que nous avons à regarder en face les questions environnementales. Toutes les critiques à son égard, et toutes les interpellations de jeunes, excédés par l’incohérence des discours et des pratiques, signifient bien un manque de reconnaissance.

Comment évaluer le coût de maintien du capital naturel en regardant la nature autrement que comme un actif que l’on peut exploiter à sa guise ? Cette question est déterminante pour faire en sorte que l’activité économique et la façon de faire du profit soient compatibles avec des enjeux sur le long terme.

On évalue notamment les actions des entreprises en se demandant si l’activité même de l’entreprise correspond à l’intérêt général. […] Il faut intégrer la question de la compatibilité ou non de l’activité de l’entreprise avec des critères sociaux et environnementaux. Il faut aussi demander aux entreprises de rendre des comptes sur leur stratégie pour diminuer leur empreinte carbone, préserver la biodiversité, etc.

Depuis les années 1970, l’ONU pense à édicter un code de conduite contraignant pour les multinationales qui n'a jamais vu le jour. En 2000, le Global Compact, aussi appelé Pacte mondial de l’ONU, a été une manière pour Kofi Annan de poser dix principes (sur les droits humains, l’environnement, la corruption, etc.) afin de contourner la très forte pression exercée par les entreprises sur les Etats pour empêcher de telles contraintes. Cela a engendré une dynamique de réflexion sur ce que l’on peut exiger d’une entreprise, ou d’un Etat, en termes de responsabilité.

>>> Extrait musical : Discours de Greta Thunberg aux Nations-Unies.

>>> Pour en savoir plus sur :

Intervenants
  • Philosophe, directrice scientifique du programme de recherche CoDev pour compagnies et développement à l’ESSEC et Présidente du Campus de la Transition.
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