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Vue de la terrasse du Café de Flore, lieu emblématique des intellectuels (Sartre, de Beauvoir, Apollinaire, etc) situé dans le quartier Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement).
Épisode 3 :

Qu’est-ce que l’anti-intellectualisme ?

44 min
À retrouver dans l'émission

D’où vient notre sentiment de dégradation haineuse de la parole publique, et comment ce durcissement s’accompagne-t-il paradoxalement d’un rétrécissement de l’espace de discussion ? Toute la semaine, on s’interroge sur les formes actuelles du débat public à la lumière de l’histoire des controverses.

Vue de la terrasse du Café de Flore, lieu emblématique des intellectuels (Sartre, de Beauvoir, Apollinaire, etc) situé dans le quartier Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement).
Vue de la terrasse du Café de Flore, lieu emblématique des intellectuels (Sartre, de Beauvoir, Apollinaire, etc) situé dans le quartier Saint-Germain-des-Prés (6e arrondissement). Crédits : © PIGISTE - AFP

Par l’accusation vague de populisme, on confond aujourd’hui celui-ci avec l'anti-intellectualisme. Nous en parlons ce soir en compagnie de Sarah Al-Matary, maîtresse de conférences en littérature française des XIXe et XXe siècles à l’université de Lyon II et rédactrice en chef de La Vie des Idées, pour qui, au contraire, il y a bien des origines intellectuelles à la haine des clercs remontant à 1848 et à la division entre travail intellectuel et travail manuel.

Pour Proudhon, l’anti-intellectualisme est une condition de la justice sociale. Il considère que le partage entre l’âme et le corps, notamment porté par les élites, a conduit à une marginalisation des travailleurs manuels, qui n’ont d’ailleurs plus conscience de leur valeur dans la société.

La véhémence dans les textes pose toute la question du passage à l’acte. Elle a été posée avec intensité à la Libération pendant l’épuration et pendant le procès Brasillach.

La virulence de l’anti-intellectualisme aujourd’hui est moindre que par le passé. Quand on lit un Drumont, un Daudet, un Péguy, on est frappé par la violence des attaques.

Ce n’est ni le culte des auteurs, ni le culte des classiques qui m’intéressent. Je ne suis pas dans une conception monumentale ou sacralisante de la littérature. J’envisage moins la littérature du point de vue de la valeur que du point de vue des idées. […] En marge de l’étude des textes canoniques et panthéonisés, on propose aux étudiants d’autres types de textes pour promouvoir une vision décalée de la littérature, sans pour autant composer de nouveaux canons avec les plus petits auteurs. 

>>> Extrait musical choisi par l'invitée : "Petite fille de Français moyen" de Sheila 

Intervenants
  • Maître de conférences en littérature à l’université Lumière Lyon 2, membre de l'Institut d'histoire des représentations et des idées dans les modernités et rédactrice en chef de “La Vie des Idées”.
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