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L'homme politique italien Antonio Di Pietro photographié lors d'un entretien avec un journaliste de l'AFP, le 1er février 2017 à Rome. Di Pietro était magistrat lors de l'affaire "Mani Pulite" et a longtemps lutté contre la corruption.
Épisode 2 :

La lutte contre la corruption par les « petits juges » a-t-elle fait le lit du populisme ?

44 min
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La chute du Mur a consacré la victoire de la démocratie et donc du droit. Mais celle-ci pourrait bien être une victoire à la Pyrrhus tant elle semble s’être retournée en son contraire.

L'homme politique italien Antonio Di Pietro photographié lors d'un entretien avec un journaliste de l'AFP, le 1er février 2017 à Rome. Di Pietro était magistrat lors de l'affaire "Mani Pulite" et a longtemps lutté contre la corruption.
L'homme politique italien Antonio Di Pietro photographié lors d'un entretien avec un journaliste de l'AFP, le 1er février 2017 à Rome. Di Pietro était magistrat lors de l'affaire "Mani Pulite" et a longtemps lutté contre la corruption. Crédits : © ANDREAS SOLARO - AFP

La lutte contre la corruption a pris une place grandissante dans l’après 1989 un peu partout en Europe, et notamment en Italie avec l’affaire « Mani Pulite » au début des années 1990 qui révèle au grand jour le système de corruption et de financement frauduleux des partis politiques et qui implique de nombreuses personnalités politiques et des entrepreneurs. Les « petits juges » ont disqualifié, à leur corps défendant, la classe politique au point que certains ont établi un lien entre ce justicialisme et le populisme.

On en parle ce soir avec Giuliano Da Empoli, ancien conseiller de Matteo Renzi et auteur de Les ingénieurs du chaos (2019).

En Italie les gouvernements changeaient presque chaque année mais on retrouvait toujours plus ou moins les mêmes hommes et les mêmes forces politiques pendant plus de cinquante ans. […] Le niveau de corruption s’est beaucoup développé du fait de l’absence d’alternance.

A partir de la chute du Mur de Berlin, il n’y avait plus aucune raison de tolérer l’inefficacité et la corruption du système politique italien.

La partie la plus développée de l’Italie a eu peur que la corruption et le retard de l’administration publique italienne empêche l’Italie de participer à la phase monétaire de l’Union européenne. D’ailleurs la « Ligue du Nord » a eu sa première poussée à ce moment-là.

Les Italiens vont tenter toutes sortes d’autres expériences pour ne plus être aux mains des hommes politiques qui sont corrompus, incapables, etc. Il y aura d’abord des juges, puis Berlusconi va arriver et affirmer que ce sont les entrepreneurs, les gens qui produisent des choses qui doivent gouverner.

Extrait musical choisi par l'invité : "L'air de Barberine" interprétée par Laurence Monteyrol et extraite de l'oeuvre Wolfgang Amadeus Mozart "Les Noces de Figaro".

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