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Dernier procès des purges staliniennes en 1938, dit "Procès des 21".
Épisode 5 :

L’aveu dans les procès staliniens

44 min
À retrouver dans l'émission

L’aveu est une pratique complexe et controversée. Sa plasticité et son ambivalence expliquent qu’il soit toujours présent sans jamais cesser de se recomposer. Nous vous proposons d’explorer les différentes formes contemporaines, attendues ou plus inattendues de l’aveu. Ce soir avec Galia Ackerman.

Dernier procès des purges staliniennes en 1938, dit "Procès des 21".
Dernier procès des purges staliniennes en 1938, dit "Procès des 21". Crédits : Heritage Images - Getty

Il n’y a peut-être pas de plus grande énigme anthropologique et politique que l’aveu dans les grands procès staliniens. Comment expliquer qu’un pouvoir totalitaire ait à ce point besoin du consentement des sujets qu’il supplicie ? Comment expliquer que les communistes s’y prêtèrent quasiment sans résistance ? L’aveu n’était pourtant pas exigé juste après la Révolution bolchevique, pas plus que la torture n’était pratiquée. Finalement, ils atteindront leur apogée lors des procès de 1938. Il doit ainsi être compris dans une histoire longue du pouvoir russe qui a pris de nouvelles formes ces dernières années. Nous en parlons avec notre invité, Galia Ackerman, journaliste, historienne, et traductrice littéraire.

Il fallait construire des grands réseaux imaginaires d'espions, de saboteurs et d'ennemis. Pour cela les accusés étaient poussés non seulement à l'aveu, mais également à la délation. Rapidement, il a fallu créer des scénarios de toutes pièces, la majeure partie du temps inventés et rédigés personnellement par Staline, d'après ses idées paranoïaques. 

Staline mis en place la torture systématique, jusqu'à ce que les captifs n'aient d'autres choix que d'avouer de vive voix des choses qu'ils n'avaient jamais faite. Cette technique avait également pour but de convaincre l'opinion publique lors des procès.

Grâce à la propagande, le peuple croyait que Staline n'était absolument pas au courant des atrocités qui avaient lieu en son nom. Les Russes le pensaient innocent, même les accusés étaient dévoués au dictateur jusqu'à leur mise à mort.

Extrait musical : Hymne de L'URSS version Stalinienne

Pour en savoir plus : Galia Ackerman 

Intervenants
  • docteure en histoire et chercheuse associée à l'Université de Caen, spécialiste de l’Ukraine et de l'idéologie de la Russie post-soviétique
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