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Épisode 3 :

Un monde en train de sortir de ses gonds

44 min
À retrouver dans l'émission

Nous remontons ce soir à l’apparition des préoccupations écologiques avec Pierre Charbonnier, philosophe, chargé de recherches au CNRS et auteur de "La fin d'un grand partage : nature et société de Durkheim à Descola" (CNRS Editions, 2015).

Manifestant.e.s pendant la marche pour le climat de 2015, interdite à la suite des attentats, Place de la République (Paris).
Manifestant.e.s pendant la marche pour le climat de 2015, interdite à la suite des attentats, Place de la République (Paris). Crédits : © Bruno DE HOGUES - Getty

Depuis une thèse remarquée où il est question de Durkheim, de Lévi-Strauss et de Philippe Descola, l’invité de ce soir, Pierre Charbonnier, philosophe et chargé de recherches au CNRS, travaille sur les liens entre l’histoire de la pensée politique moderne et la question des ressources. Il veut rapprocher les sciences sociales, l’anthropologie mais aussi la sociologie et l’histoire, des questions environnementales, en remontant jusqu’à l’apparition des préoccupations environnementales (qui ne portaient pas encore ce nom) dans les sociétés industrielles, et relevant les obstacles qu’elles rencontrent. Il s’agit, comme il le dit dans son prochain livre Abondance et liberté, à paraître en janvier 2020, de contribuer à la politisation du problème environnemental. Cela passe bien sûr par une réflexion sur la conduite des affaires économiques dans le monde et sur le modèle dominant, bien vivant, qui nous intéresse cette semaine, le capitalisme.

En cinq ans - entre le moment où j’ai commencé la rédaction de mon livre, et celui où j’ai rendu le papier à l’éditeur - la concentration de CO2 dans l’atmosphère avait plus augmenté qu’en l'espace de plusieurs décennies au milieu du XXe siècle, et plus encore qu’en l'espace de plusieurs dizaines de milliers d’années avant l’ère industrielle. Ce qui nous arrive est inouï.

Bolsonaro, Trump, etc, sont des forces politiques qui résultent de la volonté de tenir un modèle économique - quitte à faire exploser le cadre démocratique - piloté par les énergies fossiles, les objectifs de croissance et le souhait de conserver des îlots de prospérité dans un monde où de plus en plus de choses s’effondrent.

Répondre à la question de la « fin du monde » tout en gardant le cap de la justice sociale, de la redistribution de la richesse et des moyens d’accès à la dignité sociale est très compliqué. Parce qu’il faut réinventer la protection de la société par elle-même, sans le support matériel productiviste. 

>>> Extrait musical : "I hate the capitalist system" de Barbara Dane

1ère diffusion le 27 novembre 2019.

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