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Cinq belles histoires de la médecine et leurs conséquences aujourd’hui autour de quelques hommes qui auront marqué leur spécialité.
Épisode 4 :

Cabanis, un inconnu au Panthéon

43 min
À retrouver dans l'émission

Cinq belles histoires de la médecine et leurs conséquences aujourd’hui autour de quelques hommes qui auront marqué leur spécialité : Louis Pasteur, Freud, et d'autres, de quoi réfléchir sur quelques personnages « emeritus ». Ce soir, Cabanis par Yves Pouliquen, membre de l’Académie Française.

Pierre Jean Georges Cabanis - Le Panthéon, Paris Ve
Pierre Jean Georges Cabanis - Le Panthéon, Paris Ve Crédits :

Pierre Jean Georges Cabanis fait partie de ces médecins philosophes qui ont marqué leur époque. Et quelle époque : la Révolution française. Du salon littéraire de Madame Helvetius au Sénat, nous le suivrons de près grâce à Yves Pouliquen, ophtalmologue et membre de l’Académie de médecine et de l’Académie française, qui est passionné par cette période et a publié chez Odile Jacob : Cabanis, un idéologue. De Mirabeau à Bonaparte

Cabanis, notre héros repose au Panthéon. Il a lutté contre les charlatans, il a créé les écoles de médecine et a réorganisé l’enseignement médical. Il était engagé contre la pauvreté, contre l’esclavage, contre la peine de mort. Sa contribution philosophique majeure est la distinction entre l’âme et la pensée, cette dernière ne pouvant être séparée du corps. Son point de vue matérialiste est résumé dans cette phrase : « Le cerveau digère les impressions comme l’estomac digère les aliments ». En un mot, pour le mouvement des idéologues auquel il participe, le « Je pense, donc je suis » devient le « Je suis, donc je pense ». Mais tout n’est pas dit. 

Le docteur Dubreuil (célébrité de l'époque) s'occupe de Cabanis (souffrant de dépression dans sa jeunesse), devine son état, le prend en charge, le guérit de sa mélancolie et lui démontre l'art médical et la passion que peut entraîner une vocation médicale.

Le charme de Cabanis était surement important car Mirabeau, qui était quand même très occupé, s’intéressa tout de suite à lui (Il fit partie de l'équipe d'auteurs autour de Mirabeau, qui écrivirent, entre autres, les réformes de l'Académie Française et celles de l'Enseignement et de l'Education) [...]Mirabeau va tomber malade, et c'est Cabanis qui est son médecin. [...]Il meurt, et le pauvre Cabanis va être accusé de l'avoir mal soigné, ce dont il se défendra par un grand texte. 

C'est Cabanis qui retrouvera la tombe de Condorcet, qui avait été inhumé sous un faux nom (donné lors de sa capture pendant la Révolution Française) avec l'aide de la femme de celui-ci.

Bonaparte chargea Cabanis d'écrire l'avis au français que le Directoire était finit et qu'une autre ère commençait. (Bien qu'il ne partageait pas ses idées politiques)

Ce qu'il essayait surtout c'était de séparer les malades contagieux des autres. Il avait déjà compris l'importance de l'hygiène. [...]Trouver les causes premières des maladies, c'était son leitmotiv.

Il a offert aux médecins la notion d'esprit, et donc l'ouverture vers la psychiatrie. 

Rue Cabanis, proche de l'hôpital psychiatrique Saint-Anne à Paris.
Rue Cabanis, proche de l'hôpital psychiatrique Saint-Anne à Paris. Crédits :

Extrait musical : Quatuor à cordes No. 1 de Camille Saint-Saens, interprété par le Quatuor Girard

Pour en savoir plus

--> Pierre Jean George Cabanis 

--> Yves Pouliquen sur le site de l'Académie Française

Bibliographie

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