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Épisode 1 :

Et l’argent dans le débat ?

44 min
À retrouver dans l'émission

Jamais direct et immédiat, un débat passe par des médiations de toutes sortes. Il est aussi nécessaire, mais, comment va-t-il se dérouler ? Que va-t-il en sortir ? Il est temps de débattre aussi de ses conditions, qui sont nos conditions de vie, ce soir avec Julia Cagé, économiste.

Jeu d'échec sur des piles de pièces
Jeu d'échec sur des piles de pièces Crédits : Kwanchai Lerttanapunyaporn / EyeEm - Getty

La question du financement de la démocratie n’est pas seulement un problème de transparence et de conflit d’intérêt, même si cette dimension est déjà capitale. C’est, plus profondément, un problème de représentation, ou si l’on veut de représentativité. Les financements privés ne sont jamais neutres. S’ils ne sont pas régulés, ils influencent l’agenda même des politiques et le contenu des débats. Ils masquent des enjeux invisibles. La question va donc chercher plus loin encore, comme le montre Julia Cagé au-delà de la strate économique. Comment construire un parlement qui soit socialement représentatif et même socialement « paritaire » ? Comment construire un débat équitable, un débat entre égaux ? Parlons-en aussi ! 

Si la démocratie n'est pas financée avec de l'argent public, alors, et c'est ce que l'on constate aujourd'hui, elle risque d'être capturée par les intérêts privés. Pour faire cesser cela, il faudrait réussir à créer et négocier des modalités de financement public.

Il y a un lien entre les modalités de financement des partis politiques, donc les donateurs, et les législations qui sont mises en oeuvre ensuite. 

Il se trouve qu'au cours des dernières années, les démocraties ont été "dérégulées" sur le plan des financements, ce qui a engendré un virage général vers une politique conservatrice, même à gauche. 

La question centrale est celle de la représentativité. Il faut une représentativité sociale et une assemblée mixte. le tirage au sort est trop nihiliste du point de vue démocratique, donc il faudrait que les citoyens choisissent des représentants qui vont débattre et défendre en leurs noms un vote. 

Extrait musical : Tout est si calme - Les Bien Aimés film 2011

Pour en savoir plus

--> Qui est Max Weber ?

--> Le "diagnostique" de Joseph A. Schumpeter

--> La plateforme Rousseau

--> La "démocratie par coïncidence" :

"Le politiste américain Martin Gilens a comparé les souhaits des citoyens américains exprimés dans les sondages depuis 1950 (sur la politique  économique, étrangère ou sociale), à leur niveau de revenus, et aux politiques effectivement mises en œuvre. Il montre que lorsqu’il y a  divergence entre les Américains les plus riches et la majorité des  citoyens, les gouvernements tranchent systématiquement en faveur des 1 %  les plus riches. Pourquoi n’y a-t-il pas de révolution ? Gilens a une  formule extraordinaire : il parle de _«démocratie par coïncidence»_.  Sur beaucoup de sujets - la légalisation de l’avortement ou  l’intervention en Irak -, les plus riches sont en phase avec la  majorité. Mais c’est pure coïncidence. Le salaire minimum réel, lui, a baissé depuis les années 50. Ce sentiment de dépossession alimente le  populisme." J. Cagé pour Libération

Intervenants
  • Économiste, spécialiste de l’économie des médias
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