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Exécution de masse dans un camp en Pologne, 1942
Épisode 3 :

Se réconcilier ou se brouiller autour des morts ? L’expérience hispano-américaine

44 min
À retrouver dans l'émission

Les conflits de mémoire autour des victimes de la Guerre Civile espagnole ou du transfert du corps de Franco nous montrent l'importance grandissante accordée aux restes humains. Nous en parlons ce soir avec Sophie Baby, maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l'université de Bourgogne.

La dépouille du dictateur fasciste Francisco Franco transférée du mausolée du Valle de los Caídos au cimetière municipal d’El Pardo-Mingorrubio, à Madrid, où sa femme est enterrée (24 octobre 2019).
La dépouille du dictateur fasciste Francisco Franco transférée du mausolée du Valle de los Caídos au cimetière municipal d’El Pardo-Mingorrubio, à Madrid, où sa femme est enterrée (24 octobre 2019). Crédits : © Pool - Getty

L’Espagne contemporaine compte encore 100 000 disparus et 3 000 fosses communes. On imagine aisément les enjeux mémoriels et politiques cruciaux soulevés par les restes humains, ainsi que par le corps du dictateur lui-même – le général Franco – dont l’exhumation, qui a soulevé une grande émotion. Une indignation qui n’est pas étrangère à la progression de Vox, le nouveau parti d’extrême-droite.

Nous en parlons ce soir avec Sophie Baby, maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l'université de Bourgogne, membre junior de l’Institut universitaire de France et spécialiste des enjeux de mémoire en Espagne.

Cette guerre est le résultat d’un coup d’état mené par des généraux, et conçu comme une croisade contre l’anti-Espagne, contre les « rouges » qu’il s’agit d’éradiquer physiquement, ou de rééduquer pour une société nouvelle, nationale et catholique.

Les familles partent à la recherche de leurs proches disparus. Il y a une relation intime et émotionnelle avec la recherche des corps. Le corps devient lieu de vérité, tableau et récit en lui-même qu’il faut faire parler. C’est là que la science intervient pour orienter le récit.

Le mouvement de mémoire commence par une exhumation, celle de l’an 2000, mené par Emilio Silva qui part en quête des restes de son grand-père disparu, un républicain fusillé. Il va médiatiser cette action et crée par la suite une association pour la récupération de la mémoire historique […]. Il s’agit de retrouver une vérité, une histoire et une parole, notamment à travers les corps.

Les bébés volés en Espagne ont été retiré à des mères dans des situations précaires lors de l’accouchement. On leur faisait croire que leur bébé était mort ou on les obligeait à les confier à un orphelinat. Ce processus a été institutionnalisé dans certains hôpitaux et a donné lieu à un véritable marché économique.

Manifestants tenant une banderole avec des photos de personnes disparues pendant la dictature de Franco, lors d’une manifestation à Madrid contre l'impunité pour les crimes commis en Espagne entre 1936 et 1975.
Manifestants tenant une banderole avec des photos de personnes disparues pendant la dictature de Franco, lors d’une manifestation à Madrid contre l'impunité pour les crimes commis en Espagne entre 1936 et 1975. Crédits : © Pacific Press - Getty

>>> Extrait musical choisi par l'invitée : "Desaparecido" de Manu Chao

>>> Pour en savoir plus sur les travaux de Sophie Baby :

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1ère diffusion le mercredi 20 novembre 2019.

Intervenants
  • Maîtresse de conférence en histoire contemporaine à l'université de Bourgogne, spécialiste des enjeux de mémoire en Espagne, de l’espace ibéro-américain aux XXème et XXIème siècles et des violences politiques dans nos sociétés contemporaines.

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