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L'hôpital Panzi à Bukavu, novembre 2009.
Épisode 2 :

Réparer les corps

43 min
À retrouver dans l'émission

Cette première série tentera de baliser, à partir de témoignages, le chemin qui conduit de la passivité à une activité politique ou judiciaire, de la commotion à la raison, de la solitude morale à la solitude active. Ce soir, avec le docteur Neema Rukunghu, chirurgienne à l’hôpital Panzi en RDC.

L'hôpital Panzi à Bukavu, novembre 2009.
L'hôpital Panzi à Bukavu, novembre 2009. Crédits : © ADIA TSHIPUKU - AFP

Aussi bien dans l’ex-Yougoslavie que dans l’Afrique des grands lacs, nombre de théâtres de conflits actuels le démontrent : le corps de la femme est devenue une arme de guerre. Par leurs viols, les miliciens non seulement saccagent des corps mais détruisent le corps social. La violence sexuelle n’a plus rien à voir avec le plaisir de soudards mais elle est administrée à des fins stratégiques. Le docteur Nadine Neema Rukunghu, chirurgienne pratiquant dans un hôpital dans l’est de la République démocratique du Congo, répare les corps des survivantes mais aussi les accompagne jusqu’au retour dans leur communauté.  

Le corps de la femme est considéré comme une arme, c’est un terrain de bataille, les gens se battent sur le corps de la femme. (…) Violer une femme, une mère, le chef parfois, devant toute sa tribu, toute sa communauté, (…) c’est détruire tout le tissu social, complètement, et donc forcer cette population à fuir, à être nulle. (…) C’est stratégique, c’est étudié pour que les impacts aient des conséquences qui sont parfois pareilles que celles des armes lourdes, parfois même plus fortes car ce sont des choses qui vont continuer de génération en génération. (Dr. Neema Rukunghu)

Des patientes de l'hôpital Panzi.
Des patientes de l'hôpital Panzi. Crédits : © ADIA TSHIPUKU - AFP
  • A propos d'auteurs de viols intégrés à l'armée régulière à la suite d'un processus de désarmement : 

Ils deviennent des petits chefs alors qu’ils ont commis des exactions dans ces communautés (...). Tout le problème c’est qu’on ne leur montre pas que c’était mauvais. A partir du moment où l'on fait comme une sorte de reconnaissance du fait qu’il a été dans la rébellion, il se donne une sorte de légitimité, malheureusement au détriment des victimes, parce qu’ils passent dans les communautés et disent « Je suis là, je suis là, je suis toujours là ». 

Le choix musical de l'invitée : Mon corps n'est pas une arme, de Young Dorcas et Timbuktu (Mon corps n'est pas une arme – EP, 2018). Le morceau, avec les autres réalisations musicales de la fondation Panzi, est disponible ici.

Intervenants
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