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Militants opposés au projet Cigéo en route vers le bois Lejuc (Meuse), mars 2018.

L’éthique comme pratique sociale

44 min
À retrouver dans l'émission

Les intellectuels n’ont pas disparu mais ils ont changé et varié leurs modes d’engagement ! Les philosophes par exemple : ils peuvent être ou avoir été ministres, députés, ambassadeurs, fondateurs de think-tanks, membres de comités d’éthique... Quels sont ces modes d’engagement nouveaux ?

Militants opposés au projet Cigéo en route vers le bois Lejuc (Meuse), mars 2018.
Militants opposés au projet Cigéo en route vers le bois Lejuc (Meuse), mars 2018. Crédits : © JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN - AFP

Florence Caeymaex qui enseigne la philosophie sociale et politique à Liège est membre, notamment, du Comité consultatif de bioéthique de Belgique. Mais que signifie ce genre d’intervention du philosophe dans la cité ? L’éthique, en s’instituant, est-elle un instrument actif, critique, ou bien est-elle utilisée pour justifier des pratiques, en oubliant et en masquant les débats politiques qui traversent la société ? Les comités qui instituent l’éthique à tous les niveaux de la société sont-ils des institutions clés ou des paravents de la démocratie ? Le philosophe a-t-il un rôle particulier à y jouer, mais alors lequel ? Ces questions ne sont pas secondaires et traversent toutes les démocraties en leur centre.

Il est dangereux de mettre à l’écart ou de marginaliser les revendications et les protestations qui s’annoncent parfois en termes moraux. (…) Je crois qu’on doit toujours faire attention aux rapports de force dans lesquels ces revendications s’inscrivent : par exemple, on a un courant très fort aujourd’hui du côté de l’éthique environnementale ou animale. (…) On doit prêter attention à ce que Foucault appelait une polyvalence tactique des discours. (Florence Caeymaex)

Les philosophes, les militants, les féministes ont un devoir politique de rester dans le trouble. C’est un combat très ancien et de tous les jours. Nous avons à faire face constamment à des situations dans lesquelles le conflit est refoulé. Les inégalités sociales, la stratification sociale sont quelque chose de refoulé, de mis à distance, de difficile à penser. Il fait partie du travail politique de rouvrir cela. (Florence Caeymaex)

Matteo Salvini, Ministre de l'Intérieur italien, à Moscou, octobre 2018.
Matteo Salvini, Ministre de l'Intérieur italien, à Moscou, octobre 2018. Crédits : © Mladen ANTONOV - AFP

Ceux qui prennent le pouvoir, en Italie par exemple, sont décidés à passer outre le trouble : « Nous avons des problèmes et nous allons les résoudre », disent-ils, et (…) ils avancent en ligne droite. Ils reconnaissent une violence, mais pas un trouble, alors qu’un trouble peut s’exprimer sans violence. (...) On a besoin de clairvoyance sur les situations politiques et sociales qui sont les nôtres : les inégalités, le décrochage entre le monde des élites et les gens ordinaires, les dégâts sur le monde du travail et sur l’environnement, qui ont les mêmes origines. Des pans entiers de la société sont laissés pour compte et, face à cela, des orientations claires sont à prendre. (Florence Caeymaex et Frédéric Worms)

Extrait musical choisi par l'invitée : "Umas & Outras" composé et interprété par Chico Buarque (1969)

Emission déjà diffusé le 14 novembre 2018

Bibliographie

Intervenants
  • chercheuse du FNRS et co-directrice du Map (Matérialités de la politique) au centre de recherches en philosophie politique de l’Université de Liège. Membre du Comité consultatif de bioéthique de Belgique et de comités d’éthique en recherche à l’Université
L'équipe
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