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Le Parlement européen, 12 septembre 2018.
Épisode 3 :

L’Europe vue des Lumières

44 min
À retrouver dans l'émission

Cette semaine, une série sur l'Europe depuis le regard des philosophes situés dans l’espace et le temps : depuis l’Afrique, la Russie, l’histoire longue, avec humour et ironie ou au cœur des enjeux les plus graves. Avec Céline Spector, professeure de philosophie politique à Sorbonne Université.

Le Parlement européen, 12 septembre 2018.
Le Parlement européen, 12 septembre 2018. Crédits : © FREDERICK FLORIN - AFP

L’Europe ne date pas d’hier, elle semble aujourd’hui aller au-delà des nations, elle les a peut-être précédées. L’Europe des Lumières était déjà un « sujet » politique et historique, économique aussi, pour assurer la paix, comme ce fut sa fonction deux siècles et bien des guerres plus tard. Céline Spector, spécialiste de Montesquieu et des Lumières, mais aussi lectrice des philosophies politiques européennes d’aujourd’hui, nous éclaire, en appliquant aussi à la pensée européenne un regard critique, qui se confronte à ses adversaires, à ceux qui revendiquent une forme d’injustice.

L’Europe s’est constituée par rapport à des altérités, par rapport à l’Empire ottoman, par rapport à la Perse… C’est souvent dans l’opposition qu’elle s’est constituée. Il faut dépasser ce schisme, il faut dépasser cette opposition. Mais il ne faut pas non plus être naïf : pour ma part, je ne souscris pas totalement aux approches cosmopolitiques qui feraient de l’Europe une sorte de prélude à l’universel, ou qui voudraient gommer l’altérité. Je pense que ce qui est très intéressant dans les généalogies de l’Europe, c’est qu’elles se font toujours par différenciation, par opposition. (Céline Spector)

Il faut essayer de penser comment l’Europe des Lumières infuse les débats politiques contemporains (…) Je prendrai un seul exemple, l’idée d’un contrat social européen. Que signifie un contrat social européen, quelles sont ses fins ? Par exemple, Rousseau, dans ses écrits sur l’abbé de Saint-Pierre (…), défend l’idée d’un contrat social européen comme seule solution au problème des guerres récurrentes en Europe. (…) Ce qui est propre à Rousseau, c’est l’idée que la liberté doit faire partie des fins fondamentales du contrat social européen. Donc on pourrait dire que la liberté, la paix et la justice sont nos trois valeurs suprêmes, cardinales, et évidemment, ce sont elles que l’on retrouve plus ou moins dans les grandes valeurs, les grands principes qui fondent aujourd’hui l’UE. (Céline Spector)

Choix musical de l'invitée :  Händel  Lascia ch'io pianga (Rinaldo) - Piau (Forck).

Intervenants
  • philosophe, professeure à l’UFR de Philosophie de Sorbonne Université, membre honoraire de l'Institut Universitaire de France
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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