LE DIRECT
La Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg.
Épisode 1 :

Un grand entretien avec Guido Raimondi

44 min
À retrouver dans l'émission

Lors du Forum sur la paix de novembre dernier, Angela Merkel se demanda si nous serions encore capables aujourd’hui de réunir le consensus qui accompagna la signature de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Que lui répondre ? Ce soir, avec Guido Raimondi, Président de la CEDH.

La Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg.
La Cour européenne des droits de l'homme, à Strasbourg. Crédits : © FREDERICK FLORIN - AFP

Cette fin d’année 2018 est décidément riche en commémorations : moins d’un mois après celle du centenaire de l’armistice du 11 novembre 1918, c’est un autre anniversaire qui se profile : celui de la signature à Paris le 10 décembre 1948 de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces deux événements - la guerre et la consolidation de la paix par une convention sur les droits inaliénables et sacrés de la personne humaine - ne sont pas, à vrai dire, sans liens : c’est en effet la réponse de la civilisation à la barbarie. Lors du Forum sur la paix qui suivit la célébration du 11 novembre à l’Arc de triomphe, Angela Merkel se demanda si nous serions encore capables aujourd’hui de réunir un tel consensus autour des droits de l’homme.  Que lui répondre ? 

« Il y aura, écrit Victor Hugo, toujours plus de terres promises que de terrains gagnés ». Il faut donc aujourd’hui mesurer les terrains gagnés par cette Déclaration mais ne pas refuser non plus de voir ceux qui sont menacés. Les droits de l’homme, qui semblaient ne plus devoir rencontrer d’obstacles après la chute du Mur en 1989, ont depuis perdu de leur aura. D’où la nécessité de dresser un bilan sur leur vitalité, leur imprégnation dans nos vies mais aussi sur les menaces qui les guettent. 

L’Europe a donné corps aux droits de l’homme en votant une Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales avec cette particularité, essentielle, d’instituer une cour pour les garantir. Cette juridiction a dû conquérir sa respectabilité – et la maintenir - dans une Europe aujourd’hui à la peine. D’où l’intérêt de dresser un bilan avec  Guido Raimondi, président de la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) .

Si le discours politique devient de plus en plus critique vis-à-vis de la Convention, on assiste à une pénétration toujours plus grande à l’intérieur des systèmes juridiques, car les juridictions  nationales sont de plus en plus gagnées à l’idée de la convention. (Guido Raimondi)

Pour faire face à cette masse des contentieux, l’un des outils est la priorisation des affaires, notamment celles qui concernent l’article 3 de la Convention, interdisant la torture et le traitement inhumain et dégradant. C’est l’argument qui est invoqué lorsque l’on parle de la surpopulation carcérale dans certains pays. (Guido Raimondi)

Musique choisie par l'invité : “Czardas” de Vittorio Monti.

Intervenants
  • Président de la Cour européenne des droits de l’homme
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......