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Un survivant du génocide (en blanc) accuse un prisonnier (en rose) durant un Gacaca à Gotovo (Rwanda) en février 2003.
Épisode 3 :

Les victimes comme acteurs politiques

44 min
À retrouver dans l'émission

La condition de victime renvoie à deux réalités : des personnes affectées dans leur chair et leur esprit et à des groupes victimes d’injustices historiques. Comment passe-t-on d’une réalité brute à une signification sociale et politique ? Et comment en sort-on ? Discussion avec Sandrine Lefranc.

Un survivant du génocide (en blanc) accuse un prisonnier (en rose) durant un Gacaca à Gotovo (Rwanda) en février 2003.
Un survivant du génocide (en blanc) accuse un prisonnier (en rose) durant un Gacaca à Gotovo (Rwanda) en février 2003. Crédits : © Per-Anders Pettersson - Getty

L’une des grandes innovations de l’après 1989 a été l’apparition d’une justice dite « transitionnelle » pour surmonter les violences de masse autrement que par des procès et des peines en mettant les victimes au centre ; une justice pour les victimes qui se cherche encore.  Nous en parlons avec Sandrine Lefranc, chercheuse, auteure de Politiques du pardon, publié aux PUF.

  • A propos des victimes dans ces procédures de justice transitionnelle :

Le fait d’appeler des victimes « victimes », et seulement ainsi, les amène doucement vers le registre de la thérapie, de la compassion. Et lorsqu’elles entreprennent d’exprimer une colère, on leur demande de la laisser de côté parce que les qualifications politiques, le fait que le criminel appartenait à tel service de sécurité ou tel parti par exemple, doivent être écartées. (…) On ne peut pas parler politique, parce qu’on doit construire un compromis. (Sandrine Lefranc)

Les victimes ont constamment l’obligation de rentrer dans ce rôle homogène de victime, mais elles se permettent toujours de renvoyer au gouvernement (...) ces demandes de parole victimaire. (Sandrine Lefranc)

  • A propos des Gacacas, les tribunaux villageois organisés pour juger les génocidaires rwandais : 

Le gouvernement rwandais, issu de l’armée Tutsi, qui a pris le pouvoir après le génocide, constatant qu’il ne pouvait pas juger tout le monde (…) a eu recours à une réinvention de la procédure de justice transitionnelle : à l’échelle du village, parfois dehors, un jugement populaire, avec des juges qui peuvent être des victimes. Ils se prononcent sur la culpabilité des génocidaires ou de leurs complices en s’appuyant sur la parole publique. Cela a été détesté par les ONG, parmi les plus grandes, Human Rights Watch ou Amnesty International, ce qui a montré leur difficulté à sortir d’un cadre étroitement juridique. (…) La justice transitionnelle, tout en restant critique, est une manière de faire justice malgré tout. Et le cas des Gacacas, était un exercice de cet ordre. (Sandrine Lefranc)

Extrait musical choisi par l'invitée : "Ma femme" de Gaël Faye (album Pili Pili sur un croissant au beurre).

  • Liens

Depuis près de 40 ans, Human Rights Watch travaille à établir les bases  juridiques et morales d’un changement profond et se bat sans relâche  pour apporter justice et sécurité aux hommes, aux femmes et aux enfants à  travers le monde.

Amnesty International est un mouvement mondial  regroupant plus de 7 millions de personnes qui prennent l'injustice  comme une affaire personnelle. Amnesty International fait campagne pour un monde où  chacun peut se prévaloir de ses droits.

Bibliographie

Intervenants
  • Politiste et sociologue, chargée de recherche au CNRS, spécialiste des rapports entre mémoire et politique dans les démocraties occidentales
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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