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Épisode 3 :

L'éternité, c’est pour demain

44 min
À retrouver dans l'émission

Nous poursuivons notre série sur les grands défis de la médecine, en compagnie ce soir du professeur Hélène Merle-Béral, spécialiste des leucémies, avec qui nous évoquerons les questions du transhumanisme et de l'immortalité biologique.

Crédits : © Hill Street Studios - Getty

C’est avec le professeur Hélène Merle-Béral, spécialiste des leucémies que nous aborderons cette thématique : repousser les limites de la vieillesse. Dans son livre L’immortalié biologique (Odile Jacob, 2020) Hélène Merle-Béral aborde les origines de longévité du monde végétal et animal avant d’aborder les récentes découvertes chez l’humain où des gènes semblent protéger du vieillissement. C’est une façon d’aborder la sénescence biologique et le rôle évoqué des télomérases, de la DHEA pour ne parler que des plus connus. Mais la presque éternité a toujours été un rêve humain que l’on trouve dans les mythes qui défient la mort et dans les projections de certains transhumanistes qui s’appuient sur les nombreux progrès médicaux et de l’intelligence artificielle pour évoquer cet état de sciences-fictions où la dissociation du corps et de la conscience serait réalisée pour permettre à cette dernière d’être intacte ad vitam aeternam.

L’immortalité biologique est quelque chose qui préoccupe l'homme depuis l'éternité, depuis la naissance de l'humanité. C'est ce que j'ai redécouvert en me penchant sur le problème.  C'est aujourd'hui un problème préoccupant de notre société, sinon prioritaire, puisque tout le monde semble obsédé à la fois par les problèmes du vieillissement et par la mort, qui est toujours révoltante et inacceptable.

Le vieillissement, c’est une perte progressive des capacités fonctionnelles d'un organisme et de la cellule. C'est un événement inéluctable qui se situe à tous les niveaux, au niveau des organes, au niveau des tissus, au niveau des cellules...

Le but des transhumanistes, c'est non seulement d'avoir un corps parfait, ça c'est la première étape, c'est le « transhumanisme soft », c'est-à-dire plus de maladies, plus de vieillesse. Mais ensuite, c’est aussi d'augmenter les performances, et ça peut aller jusqu'à supprimer le corps. Les plus hardis d'entre eux, les plus durs, considèrent que le corps deviendra inutile et qu'on aura un cerveau hybridé. On doit arriver à transformer le cerveau en données numériques et on aura un cerveau informatisé, et un corps en hologramme, un corps virtuel. Voilà le but extrême des transhumanistes. Là, bien sûr, je ne crois pas que ça soit possible et désirable.

Extrait musical : Exercises in Free Love - Freddie Mercury

Pour en savoir plus :

Biographie d'Hélène Merle-Béral

Qu'est-ce que le transhumanisme ?

Intervenants
  • professeure d’hématologie à l’Université Pierre et Marie Curie Paris VI, spécialiste des leucémies
L'équipe
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