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Épisode 4 :

La folie dans tous ses états

44 min
À retrouver dans l'émission

Rencontre autour du film "Vol au-dessus d’un nid de coucou" (1976) pour aborder la question de la santé mentale et de sa prise en charge avec Jean-Pierre Olié, chef de service de psychiatrie à l’hôpital et professeur à l’Université Paris-Descartes, et Pierre Murat, journaliste et critique de cinéma.

Photographie de Jack Nicholson issue du film "Vol au-dessus d'un nid de coucou" (1976).
Photographie de Jack Nicholson issue du film "Vol au-dessus d'un nid de coucou" (1976). Crédits : © D.R.

Emission en partenariat avec Le Quotidien du médecin.

La lobotomie, l’électrostimulation, les électrochocs, les neuroleptiques et autres médicaments font partie de l’histoire de la psychiatrie, mais le film Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman, adaptation du roman éponyme de Ken Kesey paru en 1962, pose également les questions de l’enfermement politique et de la psychiatrie utilisée pour être le bras armé d’une idéologie.

Nous en parlons ce soir en compagnie de Jean-Pierre Olié, chef de service de psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne et professeur à l’Université Paris-Descartes, et Pierre Murat, journaliste et critique de cinéma à Télérama.

Ce n’est pas tellement la psychiatrie qui intéresse Milos Forman, c’est surtout l’enfermement. Il est évident à revoir le film, que ce qui lui plaît c’est de montrer à quel point on peut enfermer les gens. La scène la plus importante pour Forman est celle où le personnage joué par Nicholson découvre que la moitié de ceux qui sont là avec lui, le sont volontairement, […] acceptant ainsi de vivre sous la tyrannie. Tout le film est évidemment un appel à la révolte contre la tyrannie communiste. (Pierre Murat)

« Vol au-dessus d’un nid de coucou » est un film tout à fait passionnant car il pose très bien la problématique de la déviance sociale et de ses éventuels liens avec la maladie mentale. La déviance sociale peut effectivement nourrir et faciliter l’exclusion sociale et l’éclosion de la maladie, et inversement. (Jean-Pierre Olié)

Il y a un débat sur le bon usage des médicaments antidépresseurs, qui sont efficaces dans le cas d’une maladie dépressive mais inutiles dans nos humeurs ordinaires, et il y  a un débat sur une autre catégorie de médicaments très problématique : celle des anxiolytiques - ou benzodiazépines. Ils sont trop utilisés en France comparativement à d’autres pays, et ont l’inconvénient de calmer l’anxiété immédiatement après ingestion, sans régler la maladie sous-jacente. (Jean-Pierre Olié)

1% de la population générale souffre de schizophrénie alors que, dans le milieu carcéral, ils sont 15%. C’est un drame dans notre pays. On ne discrimine plus, parmi les délinquants, les malades mentaux,  pour les envoyer à l’hôpital plutôt qu’en prison. Et d’ailleurs, malgré cela, il y a eu en France une augmentation honteuse du nombre d’hospitalisations sans consentement sur décision préfectorale. (Jean-Pierre Olié)

>>> Bande annonce de Vol au-dessus d’un nid de coucou

>>> Extrait musical : "One flew over the cuckoo’s nest" de Jack Nitzsche

1ère diffusion le 14 novembre 2019.

Bibliographie

Les maladies dépressivesJean-Pierre OliéLavoisier-Médecine sciences, Cachan (Val-de-Marne), 1995

Intervenants
  • Critique cinéma (Télérama)
  • Chef de service de psychiatrie à l’hôpital Sainte-Anne et professeur à l’Université Paris-Descartes
L'équipe
Production
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