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Épisode 6 :

Accepter l’autre

44 min
À retrouver dans l'émission

Comment se constituent les "monstruosités" ? Réponses avec Jean-Louis Fischer, chercheur, spécialiste des mystères de l’embryologie, et Florence Colombani, journaliste et critique de cinéma, autour du film "Freaks" (Tod Browning, 1932).

Photographie issue du film "Freaks" (Tod Browning, 1932).
Photographie issue du film "Freaks" (Tod Browning, 1932). Crédits : © Allociné

Emission en partenariat avec Le Quotidien du médecin.

La Monstrueuse Parade, aussi désigné sous son titre original Freaks, est un film de 1932, qui reste parfaitement d’actualité. Il met en scène des êtres difformes, handicapés, mais avec un grand cœur. Ce sont des têtes d’affiches dans le cirque dans lequel ils travaillent.

Florence Colombani, journaliste et critique de cinéma, nous en parle ce soir.

Ce film pose aussi la question de l’acceptation de l’autre, de l’être différent dans notre société, et des problématiques scientifiques (comment se constituent les monstruosités ?). Il s'agira alors d'aborder la tératologie - la science des monstres - en compagnie de Jean-Louis Fischer, embryologiste et chercheur spécialisé dans l'étude scientifique des malformations congénitales. Il nous parlera des collections en péril : des cyclopes, des hommes tronc, des sœurs siamoises, des hermaphrodites.

Eviter les malformations est un objectif médical important, encore faut-il comprendre le pourquoi de ces erreurs de la nature.

« Freaks » est ce qu’on appelle un film culte : il a connu une renaissance et une redécouverte, et a été une influence majeure sur le cinéma, y compris contemporain. (Florence Colombani)

On peut encore aujourd’hui montrer le « monstre » pour avertir de la monstruosité de la dispersion de produits chimiques, de la guerre, etc, qui produisent des cancers et des malformations chez le fœtus. (Jean-Louis Fischer)

A l’époque, comme tous les films de grand studio américain, « Freaks » a été projeté à un public-test dont on enregistrait les réactions afin de déterminer le destin commercial du film.  Les spectateurs ont été terrorisés, ils sont sortis de la salle en courant. La version du film connue aujourd’hui est de fait très différente de la volonté du cinéaste initialement, du fait du remontage. (Florence Colombani)

La responsabilité de la femme enceinte sur la santé du fœtus n’a pas disparu aujourd’hui. Cela permettait à l’époque d’expliquer des phénomènes que l’on ne comprenait pas.  (Jean-Louis Fischer)

Tod Browning a l’expérience directe de ce qu’il raconte puisqu’il a lui-même commencé sa carrière comme attraction de cirque, et il a côtoyé des individus exhibés de la même manière que le sont les « freaks ». Cette part biographique est étonnante. (Florence Colombani)

La callipédie est un terme qui apparaît dans le XVIIe siècle. C’est l’art d’avoir de beaux enfants. (Jean-Louis Fischer)

>>> Bande annonce du film Freaks (1932)

>>> Extrait musical : musique du film Freaks (1932)

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