LE DIRECT
Épisode 7 :

A comme Avortement

43 min
À retrouver dans l'émission

Quel est la place de l'avortement dans nos sociétés ? Réponses à partir d' "Histoire d'A" (1973), avec Marielle Issartel, co-réalisatrice de ce documentaire, et Ie professeur Israël Nisand, gynécologue-obstétricien et président du Collège National des Gynécologues et obstétriciens Français.

Manifestation de femmes pour l'avortement libre et gratuit, sur le champ de Mars, à Paris, le 6 octobre 1979, France.
Manifestation de femmes pour l'avortement libre et gratuit, sur le champ de Mars, à Paris, le 6 octobre 1979, France. Crédits : © Christian RAUSCH - Getty

Emission en partenariat avec Le Quotidien du médecin.

Alors qu’une interdiction du recours à l’IVG (Interruption volontaire de grossesse) refait surface dans certains états des Etats-Unis, se pose la question préoccupante en France de la baisse de l’offre de prise en charge des IVG.

Marielle Issartel co-autrice avec Charles Belmont du film documentaire « Histoire d’A. », réalisé en 1973, soit en pleine période de débats qui ont précédé la loi Veil de 1975 (le Manifeste des 343 ; le procès de Bobigny, le manifeste des médecins), nous plonge dans cette thématique. Interdit à sa sortie, il sera constamment diffusé depuis. Cela souligne les nécessités de développer un libre recours à une IVG médicalisée afin d’éviter les complications, voire les morts dues aux avortements clandestins.

Le professeur Israël Nisand, président du Collège National des Gynécologues et obstétriciens Français (CNGOF), professeur des universités et responsable du pôle mère-enfant au CHU de Strasbourg, commentera la stagnation du nombre d’IVG en France malgré les possibilités de l’IVG médicamenteuse ou de la pilule du lendemain.  D’autres sujets seront également abordés : le recul des prescriptions contraceptives, ou encore l’absence de cours d’éducation sexuelle et du respect de l’autre.

Il y a toujours, autour de l’avortement et de la liberté des femmes à disposer de leur corps, un désaccord de la part de la masculinité, car l’avortement remet en cause le patriarcat. Et comme les religions sont très porteuses du patriarcat, partout où les religions prévalent, quelles que soient ces religions, le patriarcat se défend contre la liberté des femmes de gérer leur reproduction. (Israël Nisand)

Le contexte du documentaire est celui d’une désobéissance civile initiée par des médecins qui ont signé à 331, puis à 600, un manifeste stipulant clairement qu’ils pratiquaient et pratiqueraient encore des avortements de façon gratuite, dans le but de créer une situation trop complexe à gérer pour le gouvernement, et d’amener celui-ci à modifier la loi qui considérait alors l’avortement comme un crime. (Marielle Issartel)

On estimait à près de 300 000 par an le nombre de femmes qui décèdent d’un avortement. Lorsque l’on compare dans le monde les endroits où l’avortement est légalisé ou illégal, on constate une mortalité exclusivement localisée aux endroits où il est illégal. La France aujourd’hui ne connaît plus de tels décès par avortement. (Israël Nisand)

Il faut faire un nouveau film pour faire état de l’avortement aujourd’hui, de ce qui s’est passé depuis la Loi Veil, des droits des femmes, et du féminisme, présent dans toutes les luttes pouvant être menées. Dans la mesure où le patriarcat est partout, il est constitutif de toutes les luttes. (Marielle Issartel)

>>> Pour en savoir plus sur :

Rediffusion du 17 décembre 2019

Bibliographie

Intervenants
  • professeur de gynécologie-obstétrique, spécialiste en procréation médicalement assistée
  • Chef-monteuse et réalisatrice du film "Histoires d’A"
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......