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Épisode 3 :

L’école, la nation et la joie d'enseigner

44 min
À retrouver dans l'émission

Comment dire notre besoin d’histoire ? Pour cette première semaine où l’histoire est donnée comme une matière à penser, on a voulu composer un ensemble de portraits de voix. Rencontre avec Benoît Falaize, historien de l'école, chercheur correspondant au Centre d'histoire de Sciences Po.

Etudiants à l'université
Etudiants à l'université Crédits : © Hero Images - Getty

On ne cesse de le répéter : l’histoire serait une passion française. Mais est-ce vrai ? Pour le savoir, il faut enquêter et comparer, posément. C’est ce que fait Benoît Falaize, historien de l’enseignement de l’histoire en France, mais aussi en Europe. Partout on se dispute sur le passé : évoquant les querelles actuelles sur l’instrumentalisation politique de l’histoire (en Hongrie et en Pologne notamment), on comprend mieux les spécificités du débat français sur l’histoire, la nation et l’école. On peut affronter la question sans déploration inutile ni candeur béate. On lit dans Les territoires vivants de la République des témoignages sur la joie d’enseigner. « Et pourquoi ne pas le dire ? Faudrait-il le cacher ? Qu’avons-nous à perdre à dire aussi ce qui fonctionne ? »

On voit comment le primat de la nation est en train de s’exacerber, (...) comment l’histoire et la transmission de l’histoire est l’objet d’instrumentalisation. On le voit avec l’Italie, la Hongrie, l’Ukraine. (…) Ce n’est que le début, malheureusement : on ne mesure pas assez les enjeux de 2019 et des élections européennes à venir, et on ne voit pas assez ce qui est en train de se passer en Europe centrale. (Benoît Falaize)

Salle de classe à Volnovakha, au sud de Donetsk, en Ukraine, le 1er septembre 2014.
Salle de classe à Volnovakha, au sud de Donetsk, en Ukraine, le 1er septembre 2014. Crédits : © Francisco Leong - AFP

A quoi ça sert d’enseigner l’histoire ? (…) C’est éviter le pire. Il y a cette tentation du pire aujourd’hui dans tous les peuples et aucun régime démocratique ne peut dire qu’il y est soustrait. Il faut pouvoir enseigner à la jeunesse, lui faire confiance, la regarder convenablement et s’adresser à elle en disant : "Voilà ce qu’il s’est passé, et c’est toi qui feras les choix". (Benoît Falaize)

Extrait musical choisi par l'invité : "Langsamer Satz für Streichqaurtett" d'Anton Webern, 1905.

Rediffusion du 26 septembre 2018

Intervenants
  • Historien de l'école. Chercheur correspondant au Centre d'histoire de Sciences po.
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