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Épisode 4 :

Contre la GPA

44 min
À retrouver dans l'émission

L’évolution de la société et de la médecine pousse à ne pas se cantonner au domaine strictement médical. Nous écouterons des gens de terrain en dialogue avec écrivains, philosophes, juristes... Ce soir avec Eliette Abécassis, romancière, et Claire Quidet, porte-parole du Mouvement du Nid.

Crédits : © d3sign - Getty

Nous sommes en compagnie d’Eliette Abécassis, auteur de Bébés à vendre paru chez Robert Laffont et Claire Quidet, porte-parole du Mouvement du Nid, une association abolitionniste et féministe qui lutte contre les causes et les conséquences de la prostitution. Ce sont toujours les femmes qui porteront les enfants. De ce point de vue il n’y a pas d’égalité entre hommes et femmes. Certains prônent une GPA éthique mais est-elle possible ? Nous aurons le témoignage de Claire Quidet sur la prostitution, un terme souvent employé pour parler de la gestation pour autrui. 

Comme tous les sigles, « GPA » masque la réalité. (…) « GPA », on a l’impression que c’est comme « PMA ». Or la PMA, c’est une technique médicale, tandis que la GPA, c’est un commerce. Ensuite, lorsque l’on dit « gestation pour autrui », « gestation », selon le dictionnaire, définit un phénomène propre aux animaux, qui n’existe pas chez les humains. On ne peut donc pas parler de gestation pour un humain. Enfin, « GPA » contient « pour autrui », mais on se rend compte que la GPA est très rarement un acte altruiste, car il y a toujours de l’argent. (…) Donc je dirais plutôt GPA pour « grossesse pour argent », ou comme le dit Jean-Pierre Winter, « grossesse pour abandon ». (Eliette Abécassis)

A propos d’un contrat de GPA en Californie analysé par la sociologue Jennifer Lahl au colloque "Pour le respect des femmes et des enfants, abolir la maternité de substitution" (tenu à Paris en septembre 2018) :

La femme qui porte l’enfant disparaît totalement en tant que sujet puisque son nom est écrit en face de « utérus porteur » : on n’est plus une femme, on est un organe. (…) On va également lui imposer des restrictions alimentaires, des restrictions concernant sa sexualité (…). On a comme cela toute une liste d’obligations et de contraintes qui sont absolument terrifiantes. (Claire Quidet)

Je suis frappée par les similitudes avec le système de la prostitution : on met en avant la liberté individuelle et le consentement, alors que c’est évidemment nier toutes les réalités économiques, sociales, machistes, les inégalités de race, qui vont contraindre des femmes, parce qu’elles ont besoin d’argent, à consentir soit à avoir des relations sexuelles qu’elles ne souhaitent pas, soit à porter un enfant pour d’autres. (Claire Quidet)

Chanson diffusée pendant l'émission : "Encore" de Simon Mimoun, paroles d'Eliette Abécassis.

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