LE DIRECT
Portrait de la romancière britannique George Eliot (nom de plume de Mary Ann Evans) vers 1840 (environ 20 ans) / couverture originale de l'un de ses romans "Le Moulin sur la Floss"
Épisode 1 :

Ecrire dans la durée

44 min
À retrouver dans l'émission

Il y a une histoire de la poésie, il y a aussi sans doute une poésie de l’histoire, mais comment comprendre l’inscription poétique de l’histoire ? Les temps intimes et les rythmes du monde s’y nouent inextricablement. Des réponses ce soir avec Mona Ozouf, historienne et philosophe.

Portrait de la romancière britannique George Eliot (nom de plume de Mary Ann Evans) vers 1840 (environ 20 ans) / couverture originale de l'un de ses romans "Le Moulin sur la Floss"
Portrait de la romancière britannique George Eliot (nom de plume de Mary Ann Evans) vers 1840 (environ 20 ans) / couverture originale de l'un de ses romans "Le Moulin sur la Floss" Crédits : © Universal Images Group / Print Collector / Fotor - Getty

De George Eliot, Mona Ozouf écrit qu’elle fut écrivain des équilibres instables et des durées obstinées. A la rencontre de l’histoire et de la littérature, nous partons en quête de ce qui échappe à la prose historienne, « confins ignorés, lisières incertaines, contrées nocturnes, inquiétantes étendues laissées en friche ».

(George) Eliot est apparue dans ma vie à plusieurs moments, mais l'épisode fondamental a été la suggestion d'un de mes professeurs de français de troisième, Renée Guilloux (femme de l'écrivain Louis Guilloux), qui nous avait dit qu'une des littératures les plus amicales aux adolescentes que nous étions, était la littérature anglaise, et plus particulièrement George Eliot, avec un roman "Le Moulin sur la Floss" (titre peu connu en France mais un des grands classiques de la littérature anglaise pour adolescents).

L'époque des jeunes d'aujourd'hui, qui est assaillie à la fois d'images et de bruits, n'est pas forcément favorable aux vagabondages imaginaires, la mienne l'était parce qu'elle n'avait rien d'autre. Mon enfance était très solitaire, très claustrale [...] Du coup, les livres étaient ma ressource absolue.

Pour moi, l'amour de la poésie, c'est quelque chose qui est peu explicite. C'est de l'ordre de l'assentiment immédiat, c'est quelques strophes qui vous transportent ailleurs, dans un monde préservé.

A propos de George Eliot

C'est une jeune femme qui a une curiosité encyclopédique, c'est une héroïne du courage et du savoir : à 23 ans, elle est quadrilingue, elle traduit "la vie de Jésus" (de David Strauss), Spinoza du latin en anglais.

Très connue et très mal vue, George Sand était l'écrivain français le plus lu en Angleterre, mais avec une réputation de femme sulfureuse [...] Chez Eliot, il y a une admiration passionnée pour George Sand, très étonnant pour cette jeune fille rangée. 

A vingt ans, George Eliot avait déjà lu déjà une quinzaine de romans de George Sand (plus âgée qu'elle d'environ vingt ans). [...] Elle prévenait ses ami.e.s : "ne dites pas de mal de my divinité !". Comme George Sand, elle choisit un prénom masculin afin de protéger son oeuvre du jugement condescendent que l'on réserve aux ouvrages de dames. Le choix de ce prénom est un hommage à George Sand et un clin d'oeil à l'homme qu'elle aime (George Henry Lewes).

Extrait musical : "La Sonnambula" de Vincenzo Bellini - extrait "Ah ! perché non posso ordiarti" - Interprète : Jesus Léon

Pour en savoir plus

--> Mona Ozouf

--> George Eliot

Entre-Temps est une revue numérique d'histoire actuelle, collective, collaborative et gratuite, attachée à la chaire de Patrick Boucheron au Collège de France.

Intervenants

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......