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Épisode 5 :

Nouvelles catastrophes, nouvelles mobilisations

43 min
À retrouver dans l'émission

Nous retrouvons Luc Semal, chercheur et maître de conférences en science politique au Muséum national d'Histoire naturelle (Cesco), pour lier les questions du militantisme et d'une catastrophe écologique qui approche à grands pas, si l'on ne réagit pas tant qu'il est encore temps.

Manifestation pour le climat, place de la République à Paris
Manifestation pour le climat, place de la République à Paris Crédits : © John van Hasselt - Corbis / Contributeur - Getty

Le thème de la catastrophe n’est pas nouveau. Selon Luc Semal, spécialiste de sciences politiques, il est même aussi ancien que l’écologie et les risques globaux comme le nucléaire. Pourtant son évolution est profonde, depuis la guerre et les années 60. Il en retrace avec une précision extrême l’évolution, dans le discours et les mobilisations sociales, politiques, démocratiques. Environnement, développement, transition, toutes ces notions ont leur place dans notre histoire, jusqu’à aujourd’hui. Mais quelque chose a changé : c’est que la catastrophe n’est plus seulement annoncée, elle est désormais réelle. Elle n’est plus un risque : elle est là. Le sociologue devient alors lui-même militant. Face à cette nouvelle réalité, le savoir est encore plus vital qu’avant ; mais la mobilisation aussi. Sera-t-elle à la hauteur ?

La pensée écologique n'est pas homogène. Elle est protéiforme, polyphonique, kaléidoscopique et même plurielle. Mais, un des points communs à toutes ces pensées écologiques, c'est un rapport assez particulier à la perspective catastrophiste.  

Le développement durable, c’était la recherche d'une conciliation qui permettrait d'éviter de se poser la question des limites à la croissance. On s'en sortirait par le haut avec davantage de croissance, mais verte désormais, donc sans problèmes pour l'environnement.  

Derrière ces discours, ces pensées, ces mobilisations, il y a aussi une réalité matérielle et concrète du monde. L'existence de la bombe atomique en est une. L'existence du réchauffement climatique en est une autre.  

Pour réduire massivement les émissions de gaz à effet de serre, toutes les populations seront amenées à faire des efforts. Mais des efforts différents, parce que les responsabilités sont différentes, et qu'on ne peut pas demander aux populations les plus fragiles […] de faire des efforts quand d'autres catégories plus aisées peuvent échapper à ces efforts, ne serait-ce que parce qu'elles ont les moyens financiers de payer une taxe carbone finalement indolore pour elles. Donc, je pense qu'il n'y a pas de chemin pour la transition écologique qui puisse contourner cette question de la justice sociale.

Extrait musical : Petrol pop - Michel Magne & Jean Yanne

Pour en savoir plus

CV et bibliographie de Luc Semal

Comment définir le catastrophisme ?

Rapport Meadows

Intervenants
  • Chercheur et maître de conférences en science politique au Muséum national d'Histoire naturelle (Cesco), enseignant à Sciences po Lille et Sciences po Paris
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