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DVD : de Jodo au Giallo

1h
À retrouver dans l'émission

MAUVAIS GENRES Emission du 9 JUIN 2007 avec François Angelier, Jean-Yves Bochet, Philippe Rouyer et Jean-Baptiste Thoret DVD DU MOIS -Alejandro JODOROWSKY: coffret comprenant Fando et Lis, El Topo et La Montagne sacrée, édité par Wilde Side Vidéo - Tonino VALERII: Folie meurtrière, édité par Neo Publishing -Mario BAVA : Kidnapped/ Rabid dogs (Chiens enragés), édité par Anchor Bay (Zone 1) ALEJANDRO JODOROWSKY Né au Chili en 1929, Alejandro Jodorowsky a été acteur, mime, marionnettiste, metteur en scène de théâtre, scénariste de bandes dessinées. Il a créé le groupe Panique avec Fernando Arrabal et Roland Topor. En 1968, il réalise son premier long métrage, dont l'argument est tiré d'une pièce d'Arrabal qu'il avait mise en scène: Fando et Lis. Deux amoureux, perdus dans un monde désertique, sont à la recherche d'une cité magique: Tar. Sur leur chemin ils rencontrent des personnages tous plus étranges les uns que les autres qui leur font subir de terribles épreuves. Film radical, épuré, aux accents surréalistes, construit en quatre parties, à la manière d'une chanson de geste, avec au bout de cette quête, la mythique cité de Tar, où Lis qui est paralysée, espère retrouver l'usage de ses jambes. Ce film sans concession, dans lequel deux enfants sont à la recherche de l'innocence perdue fit scandale au festival d'Acapulco, où il fut présenté en 1968. Déçu par l'échec de son premier film, Jodorowsky, qui cherche à séduire un public plus large, réalise en 1970: El Topo. Avec ce deuxième film, il s'intéresse au genre le plus populaire du cinéma: le western. Mais il s'agit d'un western mystique, dans lequel un personnage, interprété par Jodorowsky lui-même, est en quête de spiritualité. Dans la première partie du film, un cow-boy solitaire au style très inspiré des personnages de Sergio Leone ou du Django de Corbucci va, poussé par sa maitresse, affronter les quatre maîtres du désert, un par un et en triompher. Mais quand cette femme le trahira, il va entamer un parcours vers la sainteté. Suite de plans très forts, construits comme des cases de bandes dessinées, le film fonctionne également sur le système des constrates: une naine avec un homme grand, des lapins blancs et des corbeaux noirs, une mare de boue se transformant en une mare de sang, etc... Le corps saigne énormément, il est torturé, souvent difforme. Une expérience visuelle unique, qui deviendra au début des années 70, le premier des Midnight Movies en restant à l'affiche d'un cinéma de New-York, pendant plus de six mois, à Minuit. Le troisième film présent dans le coffret, est La Montagne sacrée (1973). Il s'agit du film le plus ambitieux du réalisateur, produit par Allen Klein, le producteur des Beatles, grâce à John Lennon, qui adorait El Topo. Dans la montagne sacrée se trouve le secret de l'immortalité, que neuf voleurs, initiés par un maitre spirituel vont chercher à acquérir. Dès le début du film, un christ vagabond ligoté dans le désert est lapidé par des enfants. Son image va être utilisée pour créer des christs en série. La mère du christ est représentée par un faux centurion obèse, des crapauds/conquistadors et des varans/aztèques se livrent un combat acharné sur la maquette des pyramides de Mexico, les étudiants sont massacrés tandis que défilent des carcasses de chiens crucifiés, un vieillard offre son oeil de verre à une petite fille, une touriste se fait photographiée par son mari, tandis qu'elle fait l'amour avec un soldat, debout contre un mur. Cette suite d'images choc, accapare totalement le spectateur, emporté dans une ronde surréaliste qui mêle alchimie, animisme, boudhisme et qui ne ressemble à aucun autre film. Malgré une deuxième partie, un peu trop étirée et une esthétique parfois un peu datée et estampillée années 70, ce film est d'une richesse visuelle incroyable et inépuisable. Ces trois films sont agrémentés de commentaires audio de Jodorowsky tout à fait passionnants et les copies de El Topo et de La Montagne sacrée sont magnifiques. En bonus, on trouve un documentaire d'1h30 de Louis Mouchet: La Constellation Jodorowsky, réalisé en 1994, dans lequel interviennent Jodorowsky, mais aussi Moebius, Peter Gabriel et le Mime Marceau. On découvre également le premier film de Jodorowsky, un court-métrage: La Cravate réalisé en 1957, adaptation d'une nouvelle de Thomas Mann, un entretien avec le réalisateur, quelques scènes coupées de La Montagne sacrée, un petit documentaire sur le tarot où Jodorowsky nous explique sa passion pour cet art et la signification de chacune des lames et enfin dans un dvd additionnel, le documentaire Midnight Movies: from the margin to the mainstream, film réalisé en 2005 par Stuart Samuels, étude de ce phénomène des années 70, où des films non commerciaux étaient diffusés à Minuit dans certains cinémas américains. La présence de ce documentaire dans le coffret est justifié par le fait que El Topo fut le premier de ces Midnight Movies, suivi ensuite par La Nuit des morts-vivants, Pink Flamingos, The Rocky Horror picture show, Eraserhead et The Harder they come. MARIO BAVA KIDNAPPED/ RABID DOGS En 1974, Mario Bava réalise l'un de ses derniers films, peut-être son plus réussi: Chiens enragés (Cani arrabiati). Se démarquant totalement des films gothiques et des gialli qui ont fait sa renommée, il fait un film tendu, nerveux, presque stroboscopique, où trois bandits psychopathes pourchassés par la police, prennent en otage un homme et une femme et s'enfuient en voiture vers une destination inconnue. Un climat de tension sexuelle et de folie meurtrière règne très rapidement dans l'habitacle réduit, entrainant les personnages dans un road-movie brutal et cynique rythmé par une musique syncopée et entétante. Le film est fait essentiellement de suite de gros plans des quatre protagonistes dans la voiture, permettant à Mario Bava de montrer que c'était aussi un grand metteur en scène, parfois interrompus par quelques sorties ou arrêts dans des stations service ou dans la nature, prétexte à des scènes encore plus inquiétantes ou violentes. Gestes, regards, humiliations verbales et physiques se multiplient dans et en-dehors de la voiture qui roule vers un but indéfini, alors que petit à petit les rapports entre les différents personnages se dégradent vers un pourrissement inéluctable et totalement absurde. Un grand film sadique et claustrophobe fait par un rélisateur qui avait sans doute vu un film comme La Dernière maison sur la gauche de Wes Craven. Dans le dvd proposé en zone 1 de Anchor Bay, on trouve deux versions du film, car Lamberto Bava, fils de Mario, qui avait assisté son père sur le tournage, prétextant qu'il n'avait pas finalisé son oeuvre, a remonté le film dans les années 90, en y ajoutant quelques séquences explicites et le renommant Kidnapped. L'ajout de ces quelques scènes se révèle parfaitement inutile et dénature considérablement Chiens enragés. Le dvd présente les deux films dans des copies remarquables et des versions italiennes sous-titrés en anglais et contient en bonus un petit documentaire qui explique pourquoi Chiens enragés a été invisible pendant presque vingt ans. TONINO VALERII FOLIE MEURTRIERE (MIO CARO ASSASSINO) Tonino Valerii est surtout connu pour ses westerns comme Le Dernier jour de la colère et bien sûr Mon Nom est personne. Mais en 1971, il réalise ce qui sera son unique incursion dans le domaine du giallo: Folie meurtrière (Mio caro assassino). La première scène du film donne le ton quand un ancien enquêteur d'assurances se fait décapiter par une excavatrice. C'est le premier d'une série de crimes originaux, orchestration macabre d'une course contre la montre meurtrière dans laquelle est emportée un inspecteur de police. Rapidement il fait le lien avec une affaire plus ancienne de kidnapping, où une petite fille avait trouvé la mort. Le scénario est lâche, voire parfois incohérent, mais l'on est quand même accroché par ce puzzle macabre qui aborde de façon assez courageuse pour l'époque la pédophilie. Bien sûr la progression de l'enquête repose sur des coincidences, la fin du film ressemble à la dernière séquence d'un roman d'Agatha Christie, mais cette dissection de la bourgeoisie italienne est assez réjouissante et malsaine, la construction du film en puzzle fonctionne bien, la prestation de Georges Hilton en inspecteur de police est impeccable et la musique est d'Ennio Morricone, alors! Le dvd édité par Néo Publishing ne contient pas de piste italienne, il faut se contenter d'un doublage français ou d'une piste anglaise sous-titrée en français. En bonus, on trouve une interview de 45 minutes du co-scénariste du film Roberto Léoni.

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