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DVD : Douglas Sirk

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À retrouver dans l'émission

MAUVAIS GENRES du 2 Février2008 Douglas Sirk Une émission de François Angelier avec Philippe Rouyer et Jean-Baptiste Thoret DOUGLAS SIRK Né Hans Detlef Serck en 1897, en Allemagne, Douglas Sirk a débuté sa carrière de cinéaste, en tournant plusieurs mélodrames pour les studios de la UFA, notamment la Habanera, dans les années 30. Au début de la seconde guerre mondiale, il fuit le nazisme et commence sa carrière à Hollywood. Mais c'est dans les années 50, qu'il va affirmer son style "flamboyant" et tourner ses plus grands mélodrames. Quatre d'entre eux viennent d'être édités en coffret chez Carlotta, avec de multiples bonus. Le Secret magnifique, Le Temps d'aimer, le temps de mourir, Mirage de la vie, Tout ce que le ciel permet Coffret de 8 DVD, Ed. Carlotta - Le Secret magnifique (1954) Ce film est le remake d'un mélodrame de John Stahl de 1935, avec Robert Taylor et Irène Dunne, qui est proposé en bonus dans le dvd. Dans le film de Sirk, Rock Hudson, millionnaire suffisant , provoque involontairement la mort d'un médecin qui le sauve de la noyade. En sortant de l'hôpital, il est pris en stop par sa veuve (Jane Wyman) qu'il tente de séduire. Celle-ci, ne voyant en lui que le responsable de la mort de son mari, le rejette. Le millionnaire alors s'acharne et c'est en voulant lui échapper que la veuve est renversée par une voiture et perd la vue. Désespéré et amoureux, l'homme va alors consacrer toute son existence à sa passion pour cette femme. La force de Sirk est d'arriver, à partir de ce scénario outrancier et invraisemblable, à transformer une bluette lacrymale en une tragédie lyrique et bouleversante grâce à une mise en scène surprenante et inventive qui utilise les jeux de regards et la multiplication des points de vue, "intensifiant le réel", comme le souligne Philippe Le Guay dans un bonus, par la flamboyance des couleurs et de la musique. -Tout ce que le ciel permet (1955) C'est le film de Douglas Sirk qui a le plus influencé d'autres cinéastes. Rainer Werner Fassbinder le transposera dans la société allemande des années 70 avec Tous les autres s'appellent Ali, tandis que Todd Haynes s'en inspirera énormément pour Loin du paradis. Cary Scott (Jane Wyman) est une jeune veuve qui vit seule, dans une petite ville de Nouvelle-Angleterre. Sa solitude n'est troublée que par la visite périodique de ses enfants et celle d'un amoureux transi. Elle se lie alors d'amitié avec son jardinier, Ron Kirby (Rock Hudson), puis en tombe amoureuse. Mais ses enfants et les habitants de la petite ville vont tout faire pour entraver cette passion qu'ils jugent inconvenante. Le film oppose alors la grandeur des sentiments à la mesquinerie des conventions sociales, une vie plus authentique au romantisme exacerbé et proche de la nature à celle plus étriquée d'une communauté hypocrite. Dans les bonus, François Ozon met en parallèle le film de Sirk et celui de Fassbinder. -Le Temps d'aimer, le temps de mourir (1958) Ce film pacifiste est une adaptation d'un roman de Erich Maria Remarque, l'auteur de A l'Ouest rien de nouveau. En 1944, revenant du front russe à Berlin , pour une permission, le soldat allemand Ernst Graeber (John Gavin) trouve sa maison détruite et ses parents disparus. Errant dans la ville à leur recherche, il retrouve Elisabeth Kruse (Liselotte Pulver), une amie d'enfance, en tombe amoureux et l'épouse. Cette histoire d'amour en temps de guerre et sous le régime nazi, entre un soldat et la fille d'un déporté ne peut que se transformer en drame. Délaissant le ton mélodramatique de ses films précédents, Douglas Sirk montre dans Le Temps d'aimer, le temps de mourir de manière grave et plus sobre comment la guerre et la folie des hommes peuvent s'interposer entre deux êtres et les détruire. Les bonus proposent entre autres un entretien avec Douglas Sirk et un article sur le film ,de jean-Luc Godard. -Mirage de la vie (1959) C'est le dernier film que Douglas Sirk tourne aux Etats-Unis et le remake, là aussi d'un film de 1934 de John Stahl, Image de la vie, proposé en bonus dans le dvd. Lora Meredith (Lana Turner) est une jeune veuve (décidèment) qui élève sa fille et veut devenir actrice. Elle rencontre un jour, une femme noire dont la fille Sarah Jane, a la peau blanche. Parents et enfants se lient d'amitié et posent tous ensemble sur la plage de Coney Island pour un photographe, Steve Archer (John Gavin). Les deux femmes décident d'élever leurs enfants ensemble, mais tandis que Lana Turner tente d'accéder au rêve américain et tombe amoureuse du photographe, Sarah Jane, souffrant de ses origines noires, entame une relation difficile et douloureuse avec sa mère. Le bonheur est de courte durée, le destin bascule et Douglas Sirk réalise un grand mélodrame complexe sur la ségrégation raciale.

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