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Jean-Pierre Mocky

Mocky soit qui mal y pense !

2h04
À retrouver dans l'émission

François Angelier reçoit l'acteur et réalisateur Jean-Pierre Mocky. Il revient sur ses plus grands souvenirs de cinéma, aux côtés de la comédienne Dominique Lavanant.

Jean-Pierre Mocky
Jean-Pierre Mocky Crédits : Anne-Christine POUJOULAT - AFP

Depuis 1960, date de sortie des "Dragueurs", son premier film, par sa cocasserie noire qui nous ramène tant au burlesque qu'à Jérôme Bosch ou à Goya, sa vision décapée et dévastatrice de l'ordre social, une pratique orgiaque et carnavalesque de la mise en scène, un amour sans borne pour les Freaks à la française et toute forme de "gueule", Jean-Pierre Mocky a véritablement bâti une vision du réel sans équivalent. Ses débuts et la place qu'il revendique dans le cinéma français, son traitement du polar et son activisme résolu contre toute forme d’hypocrisie, d'officiels mensonges et de bien-pensance, seront les axes qui guideront une discussion émaillée, bien évidemment, d'extraits commentés et de quelques-unes de ces musiques attractives qui rythment depuis toujours le déroulement de ses jouissifs jeux de massacre.

Jean-Pierre Mocky débute sa carrière au cinéma en pleine Seconde guerre mondiale. Ce petit garçon juif s'était réfugié avec sa mère dans la zone libre. Par hasard, il se retrouve à Saint-Jeannet dans les Alpes-Maritimes, sur tournage du film Les Visiteurs du soir, de Marcel Carné. A l'époque déjà, il découvre les "gueules" du cinéma : 

J'ai toujours eu beaucoup d'affection pour les "gueules cassées", ces gens qui n'ont pas la chance d'être beau, comme Jean Marais. Je pense qu'ils ont une revanche : les laids sont mieux au cinéma que les beaux. Notre-Dame de Paris est recouverte de gargouilles, et non pas d'anges. Jean-Pierre Mocky 

Pour les femmes, c'est pareil ! Les meilleures ont un physique stéréotypé. Il faut que les gens aient des faciès. Jean-Pierre Mocky 

La comédienne Dominique Lavanant a collaboré plusieurs fois avec le réalisateur, notamment dans le film Y a-t-il un Français dans la salle ? en 1982, dans lequel elle interprète la secrétaire jalouse de Victor Lanoux : 

C'est le seul réalisateur excentrique, anarchiste, intelligent ! Il est unique et il me donne envie de continuer. Il n'y a qu'avec lui que j'ai envie de continuer. Dominique Lavanant

Sa liberté est un vrai bonheur. C'est quelqu'un de simple. Je pourrais faire n'importe quoi avec lui ! Dominique Lavanant

En 1987, Dominique Lavanant reçoit le césar de la meilleure actrice dans un second rôle pour son rôle dans Agent trouble, de Jean-Pierre Mocky : 

C'est une actrice formidable, on peut lui donner n'importe quel rôle. Elle ressemble aux actrices américaines. Elle a un côté Shirley MacLaine ! Jean-Pierre Mocky 

Jean-Pierre Mocky se confie sur ses rencontres avec les actrices qui ont marqué sa carrière d'acteur et de réalisateur, par exemple Jacqueline Maillan : 

Jacqueline Maillan était très fraîche. Pour moi, c'est Bourvil en femme. C'est une femme de caractère. Elle avait une densité et une simplicité. Jean-Pierre Mocky 

En 1959, il réalise Les Dragueurs, son premier long-métrage, inspiré de ses expériences personnelles. A la fin des années 1950, Mocky avait lui-même pris l'habitude d'aborder les filles sur les Champs-Elysées avec quelques amis et le terme "draguer" aurait été inventé par l'un d'entre eux. Le critique de cinéma décrypte ce premier film réalisé par Mocky : 

C'est un film contemporain de la Nouvelle vague, au moment où Godard a fait A bout de souffle. C'est un tournage sur des jeunes, qui se passe en partie dans la rue. (...) Il y a aussi une part d'improvisation, le casting féminin est dément : il y a Anouk Aimée. Philippe Rouyer 

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