LE DIRECT

Potocki

1h
À retrouver dans l'émission

Manuscrit trouvé à Saragosse Une émission de françois Angelier avec François Rosset et Dominique Triaire (biographes de Jean Potocki et éditeurs de ses oeuvres complètes) JEAN POTOCKI Le comte Jean Potocki est né en Ukraine en 1761. Issu d'une famille polonaise noble, il fit ses études en Suisse, fut capitaine dans l'armée polonaise et chevalier de l'Ordre de Malte. Il combattit les pirates sur une galère, devint ministre de l'Education et fut un grand voyageur. Homme des Lumières, ami de Voltaire, il voyagea dans toute l'Europe, l'Afrique du Nord et l'Asie, en profitant pour faire des études linguistiques et ethnographiques. Cet homme fut un véritable génie universel, créant une imprimerie libre à Varsovie, fréquentant le Club des Jacobins à Paris, où il se faisait appeler le "citoyen-comte", effectuant la première ascension en mongolfière en Pologne, allant même à la fin de sa vie jusqu'à conseiller le tsar de toutes les Russies sur l'opportunité de la conquète d'une partie de l'Asie. Il est l'auteur de nombreux récits de voyages, de recherches historiques et ethnographiques, d'écrits politiques pamphlétaires, d'une opérette, de quelques contes et d'un chef-d'oeuvre de la littérature fantastique, écrit en français: Manuscrit trouvé à Saragosse. Il se suicide en 1815, se tirant une balle d'argent bénite, "pour le cas où Dieu existerait", dans la tête. La légende veut que Potocki ait façonné méticuleusement cette balle à partir du couvercle de sa théière en argent. MANUSCRIT TROUVE A SARAGOSSE Manuscrit trouvé à Saragosse, version de 1804 Manuscrit trouvé à Saragosse, version de 1810 Ed. présentée par François Rosset et Dominique Triaire, 2 volumes, Coll. GF, Ed. Flammarion Manuscrit trouvé à saragosse est un roman-fleuve que Jean Potocki à écrit et réécrit de 1797 à sa mort en 1815. Il l'a conçu comme un amusement à l'usage de ses amis et de lui-même, pour éloigner la dépression qui le minait à la fin de sa vie. C'est l'histoire des soixante et une journées d'errance du narrateur, Alphonse van Worden, en Espagne, dans la Sierra Morena, entre Cadix et Madrid. Croyant emprunter le plus court chemin pour aller d'une ville à l'autre, il va se trouver emporté dans un maêlstrom d'aventures et de récits, l'auteur convoquant pour les raconter,sur un ton léger, cynique et ironique, tous les genres narratifs à sa disposition, le roman gothique, le conte libertin, la parabole morale, le dialogue philosophique, l'énigme mathématique où encore la nouvelle fantastique. Cet immense rébus narratif est constitué de multiples récits à tiroirs qui s'imbriquent les uns dans les autres, ballottant le héros et le lecteur dans un océan de vampires, de pendus, de sorcières de juif errant et d'hétaïres voluptueuses. A travers une mise en abyme vertigineuse où les miroirs se réflètent à l'infini, Alphonse van Worden, héros malmené et ébahi, cherche la vérité ultime et tente de conserver son libre-arbitre. Cette oeuvre-monstre, "point final à la riche série du grand roman des Lumières européennes", n'était disponible jusqu'à présent que dans des versions fragmentaires. En 1958, Roger Caillois en avait proposé une petite partie, dans une version réalisée à partir d'une traduction polonaise. En 1989, les éditions José Corti publient une version beaucoup plus complète, mais l'éditeur n'ayant pu trouver l'intégralité du texte français, a du retraduire la fin du roman à partir de la traduction polonaise. Mais il y a quelques années, deux universitaires, François Rosset et Dominique Triaire, ont découvert qu'il existait deux versions du Manuscrit trouvé à Saragosse. La première qui date de 1804, raconte les quarante-cinq premières journées du périple d'Alphonse van Worden et s'arrête brusquement, la deuxième datant de 1810, relate l'ensemble des soixante et une journées. La deuxième version est plus complète, mais l'auteur en a éliminé certains épisodes présents dans la première. La répartition des récits est sensiblement différente d'une version à l'autre et le ton également. Si la première version est ironique, enjouée, très divertissante, la deuxième adopte une tonalité beaucoup plus sombre. Après la parution de ces deux versions, en Belgique, aux éditions Peeters, où François Rosset et Dominique Triaire publient les oeuvres complètes de Potocki, on peut enfin profiter pleinement de ce texte mythique, grâce à la publication dans une collection de poche de ce chef-d'oeuvre à double facette.

Intervenants
L'équipe

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......