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A propos de Learning from Las Vegas de Robert Venturi et Denise Scott-Brown, Une médiathèque dans la Creuse, à Guéret

59 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevrons le critique Valéry Didelon pour évoquer l'histoire de la réception d'un ouvrage qui est devenu un grand classique de la pensée postmoderne, le Learning from Las Vegas de Robert Venturi et Denise Scott-Brown. Puis l'architecte bordelais Olivier Brochet à propos d'une belle médiathèque dont il est l'auteur, à Guéret, dans la Creuse.

D'abord, des disparitions : l'urbaniste lyonnais Charles Delfante, l'architecte américaine Anne Tyng

Indications bibliographiques

La Controverse Learning from las Vegas , Valéry Didelon, Mardaga, 2011, 256 pages, 32 euros.

I am a Monument, On Learning from Las Vegas, Aron Vinegar,Mit, Cambridge, 2008, 234 pages.

Un ouvrage à double ambition : une archéologie du texte, conduite à partir d'archives, et une spéculation générale, interprétative, sur la notion de scepticisme.


Learning from Las Vegas, Robert Venturi, Denise Scott Brown and Steven Izenour, Mit, Cambridge, 188 pages, 1972.

Learning from Las Vegas : the Forgotten Symbolism of Architectural Forms, Revised Edition , Robert Venturi, Denise Scott Brown and Steven Izenour, Mit, Cambridge, 194 pages, 1977.

L'Enseignement de Las Vegas , Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour, avant-propos de Valéry Didelon, Mardaga, Wavre, 2008, 198 pages, 19 euros.

L'Enseignement de Las Vegas , Robert Venturi, Denise Scott Brown et Steven Izenour, Mardaga, Liège, 1978, 192 pages.


Complexity and Contradiction in Architecture , Robert Venturi, Moma, New York, 1966.

De l'ambigüité en architecture , Robert Venturi (Complexity and Contradiction in Architecture , 1966), Dunod, 1972.


Robert Venturi, Denise Scott Brown, L'Architecture d'aujourd'hui n° 139, septembre 1968.

Venturi Rauch, L'Architecture d'aujourd'hui n° 159, décembre 1971.

Robert Venturi, Denise Scott Brown et Virginia Caroll, Levittown et après, L'Architecture d'aujourd'hui n° 163, août-septembre 1972.

Venturi et Rauch, L'Architecture d'aujourd'hui n° 197, juin 1978.

François Chaslin, Un rêve américain, L'Architecture d'aujourd'hui n° 273, février 1991.

Robert Venturi et Denise Scott-Brown, L'Architecture d'aujourd'hui n° 382, mars 2011.


En passant par Las Vegas, Architecture Mouvement Continuité n° 31, septembre 1973.

Nasrine Faghih, Sémiologie du signe sans message, Architecture Mouvement Continuité n° 35, septembre 1974.

Pierre Gangnet, Back again in Las Vegas , Architecture Mouvement Continuité n° 37, novembre 1975.

Helen Lipstadt, Entretien avec Robert Venturi et Denise Scott Brown, Architecture Mouvement Continuité n°39, juin 1976.


On Houses and Housing , Venturi, Scott Brown and Ass., Architectural Monographs n°21, Academy-Martin's Press, London, New York, 1992

A View from the Campidoglio, Selected Essays 1953-1984 , Robert Venturi, Denise Scott Brown, Harper and Row, New York, 1984.


Venturi, Rauch and Scott Brown, Buildings and Projets , Stanislas von Moos, Rizzoli, New York, 1987.

Venturi, Rauch and Scott Brown, obras y proyectos, works and projects, 1959-1985 , A. Sanmartín, Gustavo Gili, Barcelona, 1986.

Venturi and Rauch, The Public Building s, Academy, London, 1978.


Elise architecte , suivi de L'Incroyable Journée , Marcel Jouhandeau, Grasset, 1951, 194 pages.

Renaissance, Revival. Musée Fabre Montpellier , Brochet-Lajus-Pueyo et Nebout architectes, textes de Pascale Blin, Ante Prima AAM, 2007, 360 pages

Nécrologie

L'urbaniste Charles Delfante est mort le 4 janvier, à 85 ans. Né en 1926, il avait connu une formation qu'il avouait typiquement lyonnaise : entre les jésuites et les professeurs de lycée, plutôt radicaux et francs-maçons. A treize ans, il avait rencontré un personnage qui allait décider de son destin : Eugène Petit, le futur Claudius-Petit qui sera ministre de la Reconstruction et de l'Urbanisme en 1948 et qui était à l'époque professeur de dessin au lycée Ampère. Ecoles des Beaux-Arts de Lyon puis de Paris (diplôme avec Pingusson), Institut d'urbanisme dont il sortira premier en 1951. Inspecteur de l'Urbanisme et de l'Habitation, il entre au Centre d'études du ministère, où il restera trente ans, devenant une sorte de missi dominici de la politique de l'Etat : Thionville, Epinal, Saint-Dié, Nancy, puis il est muté à Lyon. Il travaille aux plans d'urbanisme de Bagnols-sur-Cèze (où interviendront Candilis, Josic et Woods) et de Firminy (où deux ans plus tard interviendra Le Corbusier, qui y construira une unité d'habitation, un stade, une maison de la Culture et la fameuse église Saint-Pierre, posthume, inaugurée en 2006, quarante ans après sa mort), Firminy dont le maire était justement Claudius-Petit.

L'essentiel de la carrière de Delfante, est lyonnaise, une ville dont il créa l'Atelier d'urbanisme. Il travailla sous les mandats de Louis Pradel, qu'on appelait Zizi (voire Zizi béton), et de Francisque Collomb. Ses travaux concernèrent le musée gallo-romain (réalisé par l'architecte Zehrfuss), le secteur sauvegardé puis le secteur du Vieux Lyon, le Padog (plan d'aménagement et d'organisation générale de 1960), et surtout la définition d'un nouveau centre, la Part-Dieu. "Je ne suis absolument pas satisfait de ce que j'ai fait à Lyon, a-t-il écrit, même si je reçois de-ci de-là des compliments, j'ai un goût d'inachevé, de service à moitié rendu, et j'ai cela en sainte horreur!"

Comme architecte, il a bâti des logements sociaux, de nombreux équipements culturels et sportifs, le siège des Assurances générales avenue du Maréchal-de-Saxe, la gare TGV (avec Michel Macary), la bibliothèque (avec d'autres : Jacques Perrin-Fayolle, Lucien Chrétien, Raoul Labrosse et Robert Levasseur), l'auditorium (avec le Prix de Rome Henri Pottier), la passerelle suspendue sur la Saône, devant le Palais de justice (avec l'ingénieur Gilbert Lamboley) : "ma seule grande satisfaction", disait-il. Il ne pensait d'ailleurs pas avoir été "un très bon architecte".

Charles Defante avait consacré beaucoup de temps à la revue Urbanisme , y collaborant assez jeune du temps qu'elle était pilotée par Jean Royer, puis dirigeant son comité de rédaction durant vingt ans, de 1969 à 1989. Nous l'avions rencontré il y a un an, chez lui, place de la République à Lyon. En voici quelque deux minutes.

Souvenirs d'un urbaniste de province , Charles Delfante, texte établi par Jérôme Triaud, Linteau, 2010, 208 pages, 23 euros.

La Part-Dieu, le succès d'un échec , Charles Delfante, Communauté urbaine de Lyon, Libel, 2009, 112 pages, 20 euros.

Plans de Lyon, 1350-2015, Portraits d'une ville , Charles Delfante et Jean Pelletier, Editions Stéphane Bachès, 2006, 156 pages, 38 euros.

Places de Lyon , Portraits d'une ville , Charles Delfante et Jean Pelletier, Editions Stéphane Bachès, 2009, 160 pages, 38 euros.

Atlas historique du Grand Lyon , Charles Delfante et Jean Pelletier, Editions Libris, 2004, 222 pages.

Une grande histoire de la ville , Charles Delfante, Masson et Armand Colin, 1997, 462 pages.

Villes et urbanisme dans le monde , Charles Delfante et Jean Pelletier, Armand Colin, 2000, 200 pages.

Cent ans d'urbanisme à Lyon , Charles Delfante et Agnès Dally-Martin, LUGD, 1994, 236 pages.

Un politique en architecture, Eugène Claudius-Petit (1907-1989) , Benoît Pouvreau, Le Moniteur, 2004, 362 pages, 37 euros.

1907-1989, hommage à Eugène Claudius-Petit , Corps des ingénieurs-conseils de l'Etat, Tothm, 2007, 64 pages, hors-commerce.


Anne Tyng, qui fut la collaboratrice du grand architecte Louis Kahn (1901-1974) de 1945 à 1974, est morte en Californie le 27 décembre, à 91 ans.

Née le 14 juillet 1920 dans les montagnes escarpée de Kiangsi, en Chine, dans une famille de missionnaires de l'église épiscopale, elle avait été en 1942 l'une des premières femmes admises à entreprendre des études d'architecture à Harvard, sous la tutelle de deux anciens du Bauhaus, Walter Gropius (1883-1969) et Marcel Breuer (1902-1981), et dans une atmosphère où elle écrivit avoir trouvé un "zèle missionnaire" adapté à sa propre ferveur. Du fait de la seconde guerre mondiale, filles et garçons étaient en nombre équivalent parmi les étudiants; et parmi eux, Philip Johnson (1906-2005), auteur déjà de son fameux essai sur le Style international , et Ieoh Ming Pei (1917) qui, avec sa femme Eileen Loo, étudiante en paysage, dessinèrent les arbres sur les planches du diplôme d'Anne Tyng.

Elle avait ensuite travaillé chez un autre immigré allemand, l'architecte ingénieur Konrad Wachsmann (1911-1980), qui dessinait des maisons préfabriquées, puis elle était entrée chez Kahn et Storonov en 1945, à Philadelphie. Parallèlement, elle s'était fait connaître en 1950 par l'invention d'une sorte de jeu de construction en plaques de contreplaqué munies d'encoches qui permettaient de les emboîter, jeu qui portait son nom : le Tyng Toy . A partir d'un système de six pièces différentes, vendu 15 dollars, on pouvait assembler chaise, pupitre, bureau d'enfant, rocking chair, petit avion ou carriole.

Chez Kahn et Storonov puis chez Louis Kahn seul après la séparation des deux associés en 1947, elle a développé des recherches à caractère mathématique, particulièrement en ce qui concerne les structures tridimentionnelles en liaison avec les travaux des ingénieur Buckminster Fuller et Robert Le Ricolais, dont l'influence est particulièrement sensible dans un projet non construit, le gratte-ciel City Tower , en hélice triangulée qui se déploie comme une grosse spirale (1952-1957). Anne Tyng a été la maîtresse du grand architecte dont elle a eu une fille (on sait que Kahn menait plusieurs vies parallèles, et qu'il avait plusieurs familles qui s'ignoraient). Elle a publié en 1997 leur correspondance des années 1953-1954 (d'ailleurs dédiée aux trois enfants de l'architecte). Elle était interviewée dans le film d'un des fils de Kahn, Nathaniel, dans My architect, a Son's Journey , qui connut un grand succès après sa sortie en 2003.

Louis Kahn to Anne Tyng, the Rome Letters, 1953-1954 , edited with commentary by Anne Griswold Tyng, Rizzoli, New York, 1977, 216 pages.

My architect, a Son's Journey , un film de Nathaniel Kahn, 1h56, production Susan Rose et Nathaniel Kahn, New Yorker Films, 2003.

Lecture

Noël Calef, Ascenseur pour l'échafaud , Arthème Fayard, 1951.

Louis Malle fera en 1958 un célèbre film à partir de ce roman, avec des dialogues de Roger Nimier, avec au générique Jeanne Moreau, Maurice Ronet, Georges Poujouly, Lino Ventura et Charles Denner dans des rôles de flics, et avec surtout la musique de Miles Davis. Né en Bulgarie 1907, mort en mai 1968, Nissim Calef s'était installé en France dans les années trente. Pris le 20 août 1941 dans la rafle du Vel d'hiv, interné durant plusieurs mois au camp de Drancy avant d'être envoyé dans des prisons italiennes, il avait évoqué ce camp dans un livre Drancy 1941, Camp de représailles , qui avait été publié à Rome en 1948, par en français Serge Klarsfeld en 1991, et repris à l'Olivier en 1997.

• Musiques

Miles Davis, Ascenseur pour l'échafaud , Final

Beach Boys, California Girls .

A Las Vegas , Maurice Chevalier à L'Alhambra, 1956, paroles d'Albert Willemetz, musique de Louiguy, extrait de l'opérette La Quincaillière de Chicago

Elvis Presley, Viva Las Vegas , de Doc Pomus and Mort Shuman, 1963

Chanson des maçons de la Creuse , de Jean Ségurel, album Bruyères corréziennes , Sony, 1994

La belle excentrique d'Erik Satie, par Aldo Ciccolini, album Le Meilleur de Satie , 2002.

Intervenants
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