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Anthropocène

2 min
À retrouver dans l'émission

Je ne sais pas si vous l’avez remarqué mais nous avons récemment changé d’ère.

Ou plus précisément d’époque.

Nous aurions quitté l’holocène, la deuxième époque du quaternaire, pour faire notre entrée triomphale dans l’Anthropocène.

L’holocène a débuté il y a 11 000 ans environ.

Elle recouvre l’histoire complète des civilisations humaines.

Avec l’Anthropocène, tout bascule.

L’influence de l’homme sur le système terrestre devient prédominante.

La transformation humaine des paysages dépasserait sensiblement la production sédimentaire naturelle.

Ce qui nous arrive n’est donc pas une crise environnementale mais une révolution géologique.

L’étymologie du terme « Anthropocène » renvoie au grec « anthropos », signifiant « être humain ».

Par cette appellation, on souligne que l’homme est devenu l’acteur principal des évolutions géologiques.

Les traces de notre âge urbain, consumériste, chimique et nucléaire resteront des milliers, voire des millions d’années, dans les archives géologiques de la planète et soumettront les sociétés humaines à des difficultés considérables.

Un savant a proposé humoristiquement de nommer notre époque le « poubellien supérieur » !

Il faut se rendre à l’évidence, ce n’est plus l’époque qui nous conduit mais nous qui la transformons.

Nous avons pris le contrôle de la nature. Et nous la dénaturons.

Le paradoxe c’est qu’au même moment, se répand irrésistiblement le sentiment qu’on ne plus rien contrôler dans notre environnement proche.

L’action politique est démonétisée. L’économique s’impose. Le social doit s’adapter. Les événements nous dépassent. Nous n’avons plus de prise sur eux.

Nous commanderions à la géologie mais serions incapables de diriger nos propres affaires.

L’histoire humaine se naturaliserait, tandis que la nature « s’antrophoïserait » !

Bizarre, bizarre…

Et s’il fallait inverser les termes.

Remettre le souci du devenir humain pour les années qui viennent avant l’inquiétude qui nous saisi pour le devenir géologique du monde pour les prochains millénaires ?

En combattant « les eaux glacées du calcul égoïste » qui submerge notre époque historique, nous lutterions sans doute plus efficacement, quoiqu’indirectement, contre le réchauffement climatique qui menace notre époque géologique.

Entrons dans l’Humanocène. Et laissons la nature suivre son cours.

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