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FAUTE POLITIQUE

2 min
À retrouver dans l'émission

Pour avoir sciemment proféré le mot « fournée » en association avec ses adversaires idéologiques, Jean Marie Le Pen aurait commis, selon sa fille, une « faute politique ».

L’expression de « faute politique » comporte deux sous-entendus :

D’une part, elle implique qu’il ne s’agit pas d’une erreur mais bien d’une faute.

D’autre part, elle nous apprend que cette faute n’est pas morale mais simplement politique.

On peut s’accorder facilement sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une erreur.

Elle fut commise, sans doute possible, en connaissance de cause.

Jean Marie Le Pen est coutumier du fait et son procédé est parfaitement rôdé :

Il consiste d’abord à choisir un terme connoté qu’il feint d’utiliser dans son sens neutre, mais en évaluant parfaitement la forte charge symbolique qu’il recèle.

Il lui suffit ensuite de laisser la charge exploser d’elle-même sous le coup des réactions indignées que provoquent légitimement le processus mais qui libèrent incidemment la signification nauséabonde du propos.

Marine Le Pen a donc sûrement raison de parler de faute.

Sur la nature de la faute commise la condamnation de la présidente du Front National paraît plus contestable.

Selon elle, il s’agit d’une faute politique pour la raison que son auteur savait parfaitement le tollé qu’engendreraient ses propos. Il n’ignorait pas en effet qu’ils seraient de nature à nuire aux intérêts d’un parti qui tire sa progression dans les urnes de l’entreprise de dédiabolisation que ses dirigeants conduisent. C’est donc pour cette raison, et cette seule raison qu’il faudrait, selon Madame Le Pen, parler de faute politique.

Ce faisant, la fille exonère le père d’avoir commis une faute morale. Elle se retrouve du même coup dans une impasse logique.

Car de deux choses l’une :

Soit elle considère que son père n’a pas tenu de propos à connotation raciste ou antisémite et que seule la malveillance de ceux qui l’accablent est la cause du problème. Dans ce cas on ne voit pas bien en quoi consisterait la faute dans un parti qui se fait fort de résister à la bien-pensance de l’époque.

Soit elle estime que les propos de son père ont effectivement une telle connotation mais alors pourquoi parler seulement de faute politique ?

Dans le premier cas, elle se plie à l’air du temps comme le lui reproche son père.

Dans le second, elle cherche à cacher l’inavouable dans un but électoraliste.

En parlant de faute politique, Marine Le Pen a donc pour le moins commis une faute de logique. Peut-être même une faute morale.

Et peut-être du même ordre que celle de son père.

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