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Forconi

2 min
À retrouver dans l'émission

Voici une petite devinette…

Comment dit-on les « bonnets rouges » en Italien ?

Réponse : les « forconi » qui retranscrit en Français donne « Les fourches »

L'Italie est en effet depuis le début de la semaine en proie à un mouvement de contestation qui ressemble fort à celui que nous connaissons en France.

Même sujet de mécontentement : l’alourdissement de la fiscalité…

Même catégories concernées : agriculteurs, artisans, commerçants, petits entrepreneurs et chauffeurs routiers.

Même mode de manifestations : le blocage ponctuel des routes et des gares.

Mais contrairement à ce qui se passe chez nous, les protestataires italiens se sont fédérés sous une seule appellation : les « forconi »

Un mouvement parti de Sicile et qui a pris pour symbole la fourche des paysans.

Une fourche à foin à trois dents.

Il est curieux qu’en France, les différents mouvements qui alimentent la grogne sociale n’aient pas choisi eux aussi de se rassembler sous un même symbole.

Si les moutons, les dindons, les dodos, les pigeons et autres tondus, asphyxiés ou sacrifiés avaient tous choisi de porter le même bonnet qu’il soit rouge, le mouvement aurait sans doute gagné en force, en tout cas en visibilité.

Mais au-delà de cet effet de dispersion, les appellations choisies dénotent toutes d’une attitude de plainte et non de combativité.

Que redoutez d’un tel bestiaire ?

A-t-on jamais vu des moutons se révolter ?

Les dindons ne pas être autre chose que de la farce ?

Et les pigeons ne pas se faire pigeonner ?

Quel danger présente un asphyxié ?

Et se considérer comme sacrifiés, n’est pas déjà accepter son sacrifice ?

On pourrait renommer nos protestataires « les désarmés »

Ils semblent en effet résignés à n’avoir pas de prise.

Et se réfugient dans la stratégie du « regarde-moi qui meurt »

Au-delà des Alpes on semble plus combattif et c’est une fourche à la main que l’on entend se faire entendre.

Nos Dindons, nos pigeons, nos moutons, nos dodos, nos tondus et autres sacrifiés, préoccupés qu’ils sont de leur seuls deniers, ne paraissent pas voir l’utilité qu’ils auraient à être solidaires… par exemple pour faire baisser leurs impôts.

Voilà sans doute le signe d’une grande faiblesse.

Ne plus voir dans ses problèmes que des problèmes individuels.

Faute de saisir des « forconi », les révoltés risquent de devoir passer sous les fourches caudines du système qu’ils dénoncent.

L'équipe
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