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Genre

2 min
À retrouver dans l'émission

Homme de chambre, fille de café

Ecartons d’emblée ce qui fausse le débat.

Les études de genre ne nient pas les différences biologiques entre les hommes et les femmes.

Elles s’intéressent aux différences sociales, psychologiques, mentales, économiques, ou politiques qui s’attachent aux genres mais qui ne se logent ni dans le cerveau, ni dans les organes génitaux.

Il n’est donc pas question pour cette discipline de transformer les filles en garçons et les garçons en fille. Mais plutôt de s’interroger sur le bien ou le mal fondé des stéréotypes masculin/féminin. Sur la manière dont la différence physique visible entre les sexes a pu servir de prétexte à façonner des relations inégalitaires entre les hommes et les femmes.

Lesquelles sont d’ailleurs souvent inscrites dans le langage.

Exemple sous forme de question :

Qu’est-ce qui cloche lorsqu’on inverse le sens commun dans des phrases du genre : « Garçon soumis et fille turbulente » ou de manière encore plus troublantes dans les expressions « homme de chambre et fille de café » ?

Je vous laisse la seconde nécessaire à opérer l’inversion.

Une fois ce rappel posé, le débat doit pouvoir commencer.

Car ce n’est pas parce qu’il n’y a pas à proprement de « théorie du genre » qu’il n’y pas matière à débat sur les études du même nom.

Deux questions principales demeurent.

La première est de savoir si ce qu’on appelle le genre est entièrement produit par le social ou si le social ne fait qu’influencer la nature du genre ?

Dans le premier cas, le genre entièrement produit par le social, il n’y aurait aucune raison d’accepter des différenciations. Et en définitive nous serions tous du même genre, socialement parlant.

Dans le second cas, celui où l’environnement ne ferait qu’influer sur des genres préexistants, il faudrait seulement veiller à ce que cette différence ne débouche pas sur des discriminations.

Deuxième question : quelles conséquences pratiques tirer de ces débats ?

Les parents, l’école et plus généralement la société doivent-ils - ou plutôt doivent-elles puisqu’il n’y pas de raison que le masculin l’emportent sur le féminin –doivent-ils ou doivent-elles adopter une stricte neutralité relativement à ces questions et se garder de ne rien projeter sur l’enfant pour le laisser libre de se construire un genre, masculin ou féminin ?

Quoiqu’il en soit, cette neutralité de principe n’empêche par les spécialistes de l’étude des genres de prendre eux-mêmes ou elles-mêmes des positions sociales ou politiques bien tranchées.

Les études de genre ne sont pas neutres.

A moins que le neutre devienne, comme en Allemand, un troisième genre.

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