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GRAVITY

3 min
À retrouver dans l'émission

Le film a enthousiasmé la critique. A 95 %. Il continue d’enflammer le box-office en Amérique et en Europe. En France tous les records d’entrées ont été battus pour la première semaine. « Gravity » est en passe de devenir un phénomène de société en Occident. Pourtant l’histoire n’a rien de révolutionnaire : Deux astronautes à la dérive, Sandra Bullock et Georges Clooney, seuls survivants d'une mission spatiale, sont perdus dans l’espace et tentent de retourner sur Terre. Bref un classique film « survival » Le triomphe est d’autant plus sidérant, note le critique Gérard Lefort, que Gravity prend à revers les arcanes du film blockbuster. « Pas de poursuites en bagnoles, aucune destruction massive, pas la queue d’un Noir gay de gauche et surtout aucun super héros capable d’empapaouter les Aliens et de sauver l’Amérique par le seul pouvoir de son hyper regard. » Quel est alors son pouvoir d’attraction ? La 3D d’abord qui nous fait physiquement ressentir l’impossibilité de survivre en l’absence de gravité. La gravité a façonné le monde animal et végétal. Si elle n'existait pas nous n'aurions pas besoin d'un système cardio-vasculaire aussi complexe. Nos tissus osseux et musculaires seraient en partie inutiles, de même que notre système nerveux. Mais par delà cette sensation physique, le film nous renvoie, sans faire de grands discours, à une perception plus métaphysique : l’évanescence de notre gravité interne. Dans son livre « l’homme sans gravité », le psychanalyste Charles Melman soutient que « l'homme du début du XXIe siècle est sans boussole, sans lest, affranchi du refoulement, moins citoyen que consommateur : au-dessus de lui, le ciel est vide, aussi bien de Dieu que d’idéologies. Il n’y a plus ni autorité, ni référence. La vie politique est désertique, il n’y a plus la moindre conception idéologique ni même utopique. » Comme Sandra Bullock nous évoluons dans un monde sans limites et sans but. Les frontières s’effacent. Les perspectives s’estompent. Nous flottons sans direction dans le grand open-space mondial. Et nous ne pesons plus bien lourd dans l’espace-temps indéfini qui nous rive au présent. Rien d’étonnant à ce que, comme l’héroïne de Gravity, nous aspirions à retrouver un peu de gravité. Dans l’espoir de reprendre les commandes de notre voyage terrestre. Sandra Bullock, c’est nous !

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