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LE NI-NI

3 min
À retrouver dans l'émission

C’est une invention de François Mitterrand : le NI/NI.

A l’époque, en 88, il s’agissait déjà de ne pas choisir.

Le président sortant promettait, s’il était réélu qu’il n’y aurait « ni nationalisation/ni privatisation. » Bref que son second mandat ne serait ni de gauche ni de droite.

Depuis, le ni/ni a été largement repris.

Il est devenu une sorte de gimmick dans le discours politique français.

Lors des élections cantonales de 2011 Nicolas Sarkozy lança la consigne : Ni vote FN/ni vote PS.

Une stratégie du Ni/Ni reprise un an plus tard dans les même termes par le Président de l’UMP Jean François Copé.

François Fillon ne veut plus entendre parler.

L’ancien premier ministre renie le ni/ni

Et déclare lui préférer la stratégie du ou/ou.

Au second tour des municipales, en cas de duel Front national/ Socialiste, il affirme vouloir voter pour le moins sectaire.

L’UMP, pour conserver sur le sujet un semblant d’unité, a réintroduit cette semaine le ni/ni

Mais en le reformulant : le Ni socialisme/Ni sectarisme.

Un contre/contre qui, entre parenthèse, signifie qu’il ne faut pas voter pour le candidat socialiste, certes, mais que l’on peut à la rigueur voter pour le candidat front national, s’il n’est pas un adepte du sectarisme.

Mais le Ni/Ni n’est pas une affaire strictement hexagonal.

En Espagne - où il se dit aussi Ni/Ni, « los Ni-ni »- l’expression désigne la génération des jeunes qui, du fait de la crise, ne peuvent ni travailler/ni faire d’études et qui du coup vivent chez leur parents.

Et le ni/ni se manifeste aussi dans les relations internationales.

Le renoncement à punir la Syrie, comme les occidentaux s’y étaient engagés, s’explique en partie par le fait qu’ils leur fut, en définitive, impossible de choisir leur camp : Ni Bachar El Assad/ni les islamistes d’Al Nosra !

Et en Egypte faut-il préférer l’armée revenue au pouvoir par la force aux les frères musulmans élus démocratiquement ?

L’Europe elle-même peut-elle choisir entre la tragique spirale de l’austérité et le dramatique endettement galopant ?

Le mal du Ni/Ni se répand. Il manifeste notre incapacité grandissante à prendre partie.

C’est que peu à peu nous n’avons plus devant nous que de mauvaises solutions.

Et nous ne voulons plus choisir.

Dans "l’existentialisme est un humanisme", Jean Paul Sartre affirmait « que choisir de ne pas choisir, c’était encore choisir ».

Mais que choisit-on quand on ne choisit pas ?

La pire des solutions assurément.

Ni plus ni moins.

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