LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des réfugiés arrivés au port de Lavrio, près d'Athènes (Grèce), après l'incendie du camp de Moria à Lesbos (Septembre 2020).

A l’horizon des migrations

57 min
À retrouver dans l'émission

Bienvenue dans cette nouvelle édition de "Nos géographies". Dès demain, vendredi 2 octobre, et jusqu'à dimanche, la géographie tient son Festival international à Saint-Dié-des-Vosges. France Culture en parle avec nos deux invités, François Gemenne et Lucie Bacon, qui discuteront migrations.

Des réfugiés arrivés au port de Lavrio, près d'Athènes (Grèce), après l'incendie du camp de Moria à Lesbos (Septembre 2020).
Des réfugiés arrivés au port de Lavrio, près d'Athènes (Grèce), après l'incendie du camp de Moria à Lesbos (Septembre 2020). Crédits : © Socrates Baltagiannis / picture alliance - Getty

Une édition certes un peu différente des précédentes éditions, sans doute dans sa forme, mais tout aussi riche et variée autour d'un thème fort, les climats.  Nous vous avons proposé la semaine dernière, les regards croisés de géographes sur l'épidémie de Covid-19, tels qu'ils ont été rassemblés et seront présentés dans ces journées. Ce soir, nous partons à l'horizon des migrations. Nos deux invités, François Gemenne et Lucie Bacon, par des voies différentes et à bonne distance des discours politiques si souvent réducteurs, explorent la diversité des parcours de migrants en prêtant attention à leur complexité. Pour l’un, à la transformation des frontières sous l’effet de la mondialisation et du changement climatique, pour l’autre, aux stratégies mises en place par les femmes et les hommes engagés sur une route semée d’obstacles, en rappelant aussi des vérités parfaitement vérifiables et pourtant obstinément inaudibles. 

Lucie Bacon, doctorante en géographie Laboratoire Migrinter (CNRS), Poitiers et Laboratoire Telemme, université Aix-Marseille.  Elle achève une thèse : « La fabrique du parcours migratoire : la « route des Balkans » au prisme de la parole des migrants », un travail de terrain au plus près des intéressés.

François Gemenne,  spécialiste des questions de géopolitique de l’environnement, invité à Saint-Dié pour présenter son dernier livre au titre explicite : On a tous un ami noir. Pour en finir avec les polémiques stériles sur les migrations, (Fayard, 2020). Il a été directeur exécutif du programme de recherche interdisciplinaire « Politiques de la Terre » à Sciences Po (Médialab), et est par ailleurs chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège (CEDEM). 

France-Culture est partenaire de ce 31e Festival International de Géographie de Saint-Dié qui se déroulera les 2, 3 et 4 octobre 2020.

L'année 2016 (6 000 personnes mortes ou disparues par noyade) était celle d'un triste record. On peut avoir l'impression, aujourd'hui, que ce que l'on a appelé la crise des réfugiés, de 2015 ou 2016, est derrière nous, mais la réalité, c'est que les naufrages en méditerranée continuent avec déjà plus de 600 morts pour la seule année 2020, alors que les flux ont été considérablement ralentis par la crise du coronavirus. François Gemenne

Travailler sur les migrations internationales, en particulier en tant que géographe, c'est changer d'échelles géographiques. Si on regarde à l'échelle du monde, il y a 3% de migrants ! [...] Si l'on se focalise sur le nombre de migrants qui passent les frontières de l'Union européenne, on a l'impression que c'est colossal, mais si l'on déplace un tout petit peu la focale pour voir comment, par exemple, des pays tels que la Turquie ou le Liban accueillent, notamment, les réfugiés syriens, on se rend compte que les chiffres sont triples... Lucie Bacon

On a bien vu, à l'occasion de cette crise du coronavirus que la fermeture des frontières, c'était la mesure sanitaire plébiscitée par huit français sur dix qui souhaitent même que ces frontières restent fermées après la crise du coronavirus. Et donc, plus on va entretenir un narratif et un imaginaire de crise, plus le support pour la fermeture des frontières va augmenter. Le problème, c'est que ce sont ces frontières fermées qui vont créer les crises humanitaires et le chaos migratoire, et qui vont être les premières responsables des morts en Méditerranée. François Gemenne

Une grande partie du travail du géographe, sur les migrations, c'est d'aller sur le terrain pour essayer de recueillir différents points de vue. Ce n'est pas aborder les migrations internationales que du point de vue politique ou du point de vue des chiffres. C'est aussi l'aborder, par exemple du point de vue des premiers concernés, les migrants eux-mêmes. Lucie Bacon

S'il y a une injustice fondamentale, c'est bien l'injustice du lieu de naissance. Et, avec la crise du coronavirus, les Européens se sont retrouvés confrontés aux mêmes restrictions de circulation que celles qu'ils imposent depuis des années et des années à ceux qui sont nés sur la rive sud de la Méditerranée ! François Gemenne

Etre né quelque part ?

Franchement, pas vraiment. Je suis née à Toulouse, ce n'est pas une ville que j'affectionne particulièrement. Je crois que je ne me sens pas de là,  je me sens plus issue du puzzle de l'itinérance qui est un peu ma maison. J'appartiens à tous ces lieux dans lesquels j'ai pu vivre plus que dans la ville dans laquelle je suis née et dans laquelle j'ai grandi jusqu'à mes dix-huit ans. Lucie Bacon

Je suis Belge et quelque part, c'est l'endroit où je suis né qui donne sens à ce que je fais comme chercheur. Je suis né à Liège, au Sud-Est de la Belgique, près des frontières néerlandaise et allemande, c'est-à-dire que j'ai eu la chance de naître au cœur de la forteresse Europe, dans un pays riche, libre et démocratique. J'ai eu la chance de naître du bon côté et c'est à la fois un immense privilège et une très grande responsabilité. A fortiori, quand on est chercheur sur ces sujets.  François Gemenne

Extraits musicaux et sonores

Extrait sonore : Il s'agit d'une bande sonore qui accompagnait l'exposition Moving Beyond Borders,  une exposition itinérante de Migreurop et mise en scène par la compagnie Étrange Miroir. 

la voix est celle de _Claire Rodier_, enregistrée dans le cadre d’un projet Arte Radio (L’autre gouvernement, 2007). À l'origine, c'est un discours prononcé par Claire Rodier (juriste, GISTI, co-fondatrice de Migreurop), qui "s'auto-proclame" ministre de la liberté d'aller et venir. Ce discours a été enregistré dans le cadre d'un projet d'Arte Radio ; avec l'accord d'Arte, il a été repris pour accompagner un des modules de l'exposition. 

Choix musical : "_Où aller où "_de TIKEN JAH FAKOLY 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Le témoignage poignant d’un jeune migrant : Dans "Revenu des ténèbres", écrit en collaboration avec Lionel Duroc (XO Éditions, 2018), Kouamé témoigne de sa fuite à travers l’Afrique pour atteindre la France. Extrait de ce témoignage, en 3e partie d’émission.

Intervenants
  • Spécialiste de la gouvernance du climat et des migrations, directeur de l’Observatoire Hugo à l’université de Liège, enseignant à Sciences-Po et à la Sorbonne
  • Doctorante en géographie
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......