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Piétons marchant sur un sol de béton sur lequel est peinte une carte du monde

Géographie sociale : le corps dans l’espace, entre mobilités "empêchées" et droit à la ville

58 min
À retrouver dans l'émission

"Nos Géographies" reçoit Guy Di Méo, spécialiste de la géographie sociale, et Nadine Cattan, directrice de recherche en géographie, pour explorer les rapports du corps humain à l’espace dans lequel il évolue, par le prisme du sexe, du genre, de la condition sociale et du handicap notamment.

Piétons marchant sur un sol de béton sur lequel est peinte une carte du monde
Piétons marchant sur un sol de béton sur lequel est peinte une carte du monde Crédits : David Malan - Getty

Dans Nos Géographies, nous nous approchons au plus près des rapports du corps humain à l’espace dans lequel il évolue, espace qui le transforme ou qu’il transforme, qui l’adopte ou qui le rejette, dont il porte les traces, le langage, les coutumes, les modes de vie. Le corps comme point de rencontre du social et du spatial

Mais cela ne se passe pas du tout de la même manière pour tous. Le sexe, le genre, la condition sociale, les handicaps sont autant de marqueurs visibles, pourvu qu’on s’attache à les repérer. Ce que font nos deux invités, théoricien pour l’un et tous deux praticiens de la géographie sociale, un riche domaine de la pensée géographique qui suscite, nous l’avons déjà vu dans cette émission, de plus en plus d’intérêt chez les chercheurs. 

Entre mobilités « empêchées » et « droit à la ville », illustrations grâce à leurs travaux respectifs.

Avec Guy Di Méo, professeur des Universités Emérite à l'Université Bordeaux-Montaigne, spécialiste de la géographie sociale et Nadine Cattan, directrice de recherche en géographie au C.N.R.S. - P.A.R.I.S - UMR Géographie-cités. 

La géographie sociale met l'accent sur les questions de pauvreté, du quart-monde, du communautarisme, des migrants, des saisonniers. De manière plus englobante, nous abordons l'idée de vivre ensemble, de bien-être, de justice spatiale. Ce sont des thèmes qui ont une épaisseur et une consistance sociale importante, mais qui n'oublient jamais l'espace et cette rétroaction que l'espace social produit sur les comportements des individus vivant en société. La société produit des espaces et en retour, l'espace rétroagit sur les individus vivant en société. Guy di Méo

Aujourd'hui, l'espace public et urbain continue d'être régenté par des normes polarisantes, où les personnes de passage, les personnes discriminées, doivent avoir des capacités d'action et doivent déployer des trésors d'ingéniosité pour se ménager une place dans la ville. Nadine Cattan

Il y a un continuum qui s'opère entre les représentations que nous nourrissons et toute cette matérialité urbaine qui nous entoure. Ce continuum passe par une manière pour nous d'incorporer l'environnement urbain, de la même façon que cet environnement se construit à la mesure de notre corps. Il y a une espèce que j'appellerais "une écologie corporelle de la ville" qui a été laissée pour compte et abandonnée. Guy di Méo

À Paris, beaucoup de touristes viennent avec l'idée de mettre un cadenas d'amour sur un pont. Avant même qu'ils ne se déplacent, cet objet permet de les projeter dans ce Paris romantique. (...) La question qui se pose, c'est celle de la place qu'on accorde à celles et ceux qui sont de passage, dans les villes et espaces urbains. En revendiquant une appropriation de l'espace, une place en ville, les touristes introduisent une présence durable. L'opposition n'est pas aussi duale, mais - en grande majorité - les citadins perçoivent cette présence comme une intrusion. Nadine Cattan

Pour en savoir plus 

Sur Guy Di Méo
Sa page Wikipédia
Ses publications (site Cairn.info)

Sur Nadine Cattan
Sa page (site de l'UMR)
Le site du laboratoire Géographie-cités
Un article (cité dans l'émission), "La tour Eiffel dans la poche. Informalité et pouvoir dans la construction de la métropole touristique"
Un article, "Un droit à la ville ? Réseaux virtuels et centralités éphémères des lesbiennes à Paris"

Extraits sonores et lectures 

Archive INA : Première Gay Pride (marche des fiertés) à New York en 1970.

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Morceau "Cups"  par Lulu & The Lampshades - Album : Cold Water – EP - Moshi Moshi Records (2011).

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Être né quelque part 

Moi, j'ai une sorte de triangulation aquitaine, ce n'était pas encore la Nouvelle-Aquitaine. (...) J'ai un enracinement auquel je tiens, j'ai écrit un article sur mon vécu de Bordeaux et c'est une espèce de rencontre entre mon histoire personnelle et l'histoire de la ville, les deux choses se confondent, l'histoire c'est ce bain dans lequel on est trempé. Guy Di Méo

Cette émission a déjà été diffusée le 18 février 2021.

Intervenants
  • Professeur des Universités Emérite, Université Bordeaux-Montaigne, spécialiste de la géographie sociale
  • directrice de recherche au CNRS et directrice de l’UMR Géographie-cités
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