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Carte du Royaume de France, gravure d'Atlante Novissimo (Atlas du monde), Volume I, publié par Antonio Zatta, Venise, 1775-1799.

La géographie, toute une histoire !

58 min
À retrouver dans l'émission

Un nouveau voyage aux confins d’une discipline très souvent convoquée sur notre chaîne et ailleurs, omniprésente et pourtant méconnue, complément indispensable à toute intrusion dans les champs du politique, du social, de l’écologie, des pratiques culturelles... La géographie.

Carte du Royaume de France, gravure d'Atlante Novissimo (Atlas du monde), Volume I, publié par Antonio Zatta, Venise, 1775-1799.
Carte du Royaume de France, gravure d'Atlante Novissimo (Atlas du monde), Volume I, publié par Antonio Zatta, Venise, 1775-1799. Crédits : Icas94 / De Agostini - Getty

Il était temps de lui faire toute sa place : nous parlerons donc chaque jeudi soir à 21h avec nos invités, de géographie. Mais il nous faudra d’abord rappeler les étapes parcourues au cours de sa longue existence, les différents sens qu’elle a connus depuis sa vocation initiale de description de la Terre, même les glissements opérés des matières purement scientifiques, même mathématiques vers ce qui nous occupera surtout, sa dimension sociale, son influence sur nos activités humaines. « Nos géographies », le titre générique que nous avons choisi, parce qu’elles sont multiples, diverses et qu’elles parlent toujours de nous, où qu’elles se trouvent en France et ailleurs.

Première émission avec deux invités, Philippe Estèbe et Marie-Vic Ozouf-Marignier, pour un nécessaire retour sur le passé, un état des lieux et quelques définitions utiles, pour mieux aborder les multiples thèmes qui suivront. 

Aux origines de la géographie, on est bien dans cette tentative de lecture de l'interaction entre l'homme et le milieu. Il me semble que la séparation géographie physique/géographie humaine est finalement relativement récente dans l'histoire de la géographie. En fait, ce que l'on voit aujourd'hui, me semble-t-il, c'est que l'on est en train d'essayer, au contraire, de réunir les deux, notamment autour de l'enjeu écologique. Philippe Estèbe.

C'est étonnant de voir ce qu'on appelle géographie dans les différents pays du monde parce qu'il y a vraiment toute une série de pays où la géographie, ça n'est que la géographie physique. Et ce que, en France, nous appelons la géographie humaine,  s'appelle sociologie, un peu moins souvent anthropologie, mais ça ne s'appelle pas la géographie. Marie-Vic Ozouf-Marignier.

On a adopté pour travailler, cette notion de "territoire", c'est-à-dire de faire du territoire une relation de l'habitant, du citoyen, de l'acteur local, national ou mondial à l'espace. Et ce côté relationnel qui procède de conceptions, de représentations mentales, d'intentions, de sentiments, de valeur symbolique, d'identité. Osons prononcer ce terme qui est aussi très difficile d'emploi, d'appartenance affective, sensible. Le territoire fait penser à un lien, un attachement ou éventuellement, il peut aussi être un repoussoir.  Marie-Vic Ozouf-Marignier.

Pour la géographie urbaine que j'ai particulièrement manipulée, le problème, c'est que dans le fond, l'homme sécrète son espace et que dans cet espace qu'il sécrète, il crée dans le fond une sorte de seconde nature qui a des temporalités différentes. Alors, il est un peu enfermé dans ce qu'il a déjà créé, mais plein de désir de créer autre chose. Philippe Estèbe.

Etre né quelque part ?

Moi, je suis née à Paris, j'y vis et je me sens très parisienne. J'adore ma ville et ça compte beaucoup pour moi de nouer des attaches avec les lieux. (…) Je me sens très facilement d'un endroit où je séjourne et où je me fais des repères, que j'apprends justement à connaître sur le plan géographique. (…) Donc, je me sens cette identité feuilletée partout où je passe et de partout où j'ai beaucoup de mal à partir. Marie-Vic Ozouf-Marignier.

Je suis né à Montauban, pas tout à fait par hasard. Une partie de ma famille est originaire de Montauban. Je n'ai conservé strictement aucune attache ni même de tendresse particulière pour cette ville qui a son charme. (…) Je me suis inventé un lieu d'origine que j'ai recherché. Le village d'origine de ma famille qui est un tout petit village ariégeois qui est perché au sommet d'une montagne, mais dans une espèce de cuvette. (…) Du coup, je me suis inventé ou réinventé ce petit nid natal. Philippe Estèbe.

Extraits musicaux

"Géographie", Anne Sylvestre

"Né quelque part" (reprise de la chanson de Maxime Le Forestier), Ayo 

Intervenants
  • Directeur d'études à la Coopérative Acadie, spécialiste de l'aménagement du territoire, docteur en sciences politiques et en géographie.
  • Directrice d'études de l'EHESS, historienne et géographe
L'équipe
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