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Nos amis les rats : Le dieu éléphanteau monté sur son rat

7 min
À retrouver dans l'émission

Nous n’allons pas reparler de la naissance de Ganesh, encore qu’il y ait une autre version qui… Mais bon. Aujourd’hui, on va tenter de comprendre pourquoi le dieu grassouillet à tête d’éléphanteau circule en chevauchant un rat qui s’appelle Mushika.

Les dieux et déesses de l’Inde ont tous un véhicule animal, leur vahana , du mot Vah en sanscrit, ce qui veut dire transporter. La monture d’un dieu n’est jamais indifférente : elle symbolise quelque chose du divin qu’elle transporte, et elle renforce ses pouvoirs. C’est ainsi que Shiva, dieu de la danse et de la virilité, a pour monture le taureau Nandi, adoré à l’égal de son maître. Sur le plan spirituel, le vahana d’un dieu ou d’une déesse représente les forces mauvaises individuelles sur lesquelles les divinités pèsent de tout leur poids, et s’agissant de Ganesh, ce poids est considérable.

Mais d’où vient ce petit rat ? A l’origine, c’était un musicien céleste, un Gandharva, des génies ailés époux des nymphes Apsaras, et qui chantent pour divertir les dieux. Mushika ne fit pas attention où il mettait les pieds et écrasa ceux d’un sage originaire, un rishi. Les Rishis méditants ont beau être remplis de sagesse, ils piquent des colères monumentales si on leur manque de respect. Ce Rishi, qui s’appelait Vamadeva, maudit le musicien céleste et le transforma en rat géant.

Une fois qu’ils sont calmés, les Rishis regrettent leurs malédictions, mais ne peuvent pas les annuler. Vamadeva se contenta de promettre au malheureux rat musicien qu’un jour, les dieux s’inclineraient devant lui. En attendant, le rat géant semait la terreur dans la région. Jusqu’au jour où Ganesh s’en mêla.

Le dieu éléphantesque sortit une longue corda, la lança et la corde vint s’enrouler autour du cou du rat. Dompté, le rat devint la monture de Ganesh. Il est rarement représenté sous sa forme géante toutefois il existe une image de Ganesh tout nu, bébé, appuyé sur son rat dont le dos est recouvert d’une somptueuse couverture. On trouve parfois Mushika tout seul, museau en l’air, représentant Ganesh en son absence. Mais dans les représentations les plus populaires, Mushika est un rat de petite taille, voire un souris si minuscule que, sous les plis du ventre de Ganesh, on ne la voit pas.

A force, le petit rat devint celui qui porte l’esprit de son dieu dans les recoins où le gros dieu éléphant ne peut pas pénétrer, que ce soient des recoins de l’esprit ou des recoins d’un palais. Ganesh, dieu du foyer et de l’écriture- il n’a qu’une seule défense parce qu’il s’est servi de l’autre pour écrire le Mahabharata -, ne peut pas se glisser partout. Mais son rat Mushika, lui, le peut et il apporte la force de l’éléphant aux plus petits des êtres .

Mushika peut-il représenter des pensées mauvaises ? Bien sûr que oui. Après tout, c’est un rat. Mais Ganesh pèse sur lui de façon si puissante que les pensées mauvaises, en l’occurrence débraillées, futiles ou bavardes, s’écrasent et disparaissent. Et s’il est vrai que tout humain doit devenir la monture de son dieu, alors soyons tranquilles, nous, les futiles bavards débraillés. Ganesh nous écrasera en douceur et nous irons porter son souriant message dans les coins mystérieux des placards de nos secrets.

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