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Agnès Sourdillon

Agnès Sourdillon : "Le langage, c'est une onde qui nous traverse"

58 min
À retrouver dans l'émission

Nous recevons la comédienne pour l'adaptation et la mise en scène par Sylvain Maurice du texte "Penthésilée" de Heinrich von Kleist, qui se joue au théâtre de Sartrouville jusqu'au 27 mars 2020.

Agnès Sourdillon
Agnès Sourdillon Crédits : DR

Dans Penthésilée Sylvain Maurice adapte le chef-d’œuvre de Heinrich von Kleist et offre un rôle magistral à Agnès Sourdillon. Il a imaginé une représentation qui joue librement avec les formes. Dans une mise en scène épurée reliant théâtre et musique, Agnès Sourdillon incarne cette héroïne puissante qui tente de se dégager d’un héritage trop lourd. Entourée de quatre chanteuses et deux musiciens, elle porte la passion à incandescence. Penthésilée se joue au théâtre de Sartrouville jusqu'au 27 mars 2020.

Agnès Sourdillon dans "Penthésilée" au théâtre de Sartrouville, mars 2020
Agnès Sourdillon dans "Penthésilée" au théâtre de Sartrouville, mars 2020 Crédits : Christophe Raynaud de Lage

Extraits de l'entretien

Dans ce spectacle, je porte une heure de texte, et ça me demande, plus que de la concentration, une déconcentration énorme pour être complètement ouverte à ce que je dis. Le travail des répétitions nous permet d'acquérir des réflexes, et après, la seule consigne que je me donne vraiment le jour de la première c'est de respirer avec que qui est là, et d'être dans un état de simplicité et d'abandon. Dans le théâtre il y a encore un rapport simple aux choses, c'est ce qui est très beau, c'est encore artisanal,  et même si dans cette pièce on est entouré d'une technique très précise et savante, il y a un rapport humain très basique. 

Le langage n'est pas un outil de communication, c'est quelque chose qui en sait plus que nous-même. La langue est à la fois constructrice, elle nous offre un don incroyable, parce qu'elle nous permet d'aller au-delà de la raison, de ce qu'on pourrait de manière cartésienne appréhender du monde, et en même temps, elle peut nous mettre en échec total : la langue est à la fois libératrice et complètement dangereuse. Dans ce texte, on se rend compte que la poésie nous emmène dans un ailleurs libératoire et vertigineux.

Quand on est comédienne on entend énormément les rumeurs du monde, on a en soi des rumeurs de voix qui viennent notamment de notre enfance, et qu'on a envie de stabiliser dans une parole qu'on donne au théâtre. On ne possède pas le langage : le langage, c'est une onde qui nous traverse tout simplement.

Archives

Julien Gracq, émission "Théâtre des nations", RTF, 1963

Valère Novarina, émission "Nuits magnétiques", France Culture, 1994

Le mime Marceau, émission "Nuits magnétiques", France Culture, 1995

Antoine Vitez, émission "Les arts du spectacle", France Culture, 1971

Anne Alvaro, émission "Par les temps qui courent", France Culture, 2017

Références musicales 

Lizzy Mercier Descloux, Larousse Baron Bic

Bikini Kill, Ocean song

Prise de son

Bernard Lagnel

Vous pouvez écouter et/ou podcaster cet entretien en cliquant sur le lien ci-dessus

Bibliographie

Intervenants

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